Et demain ?
Par Guy le mardi 19 juin 2007, 22:31 - PME - Lien permanent
La stratégie est de survivre, de glisser sur le système sans faire trop de
vagues et de faire durer sa situation le plus longtemps possible. Le plus
longtemps possible, c’est à dire essayer de passer le cap des 50 ans sans trop
de problèmes. Car n’oubliez pas que la France contrairement aux autres pays
européens cultive encore le jeunisme synonyme de dynamisme d’entreprise.
Tout le monde le sait ; certains jobs sont impossibles après 40 ans. Oui après
40 ans vous êtes morts : essayez d’être commercial dans la mode ou de
l’habillement après 40 ans ? Les meilleurs commerciaux en place se font sortir
sans ménagement en ce moment ; vous voulez des noms ?... Il doit y avoir
du ranking là derrière…
La PME n’échappe en rien à tout ce qui vient d’être écrit. La culture du
résultat et de la performance sans délai aboutissent à déstructurer le lien
social. La culture du toujours « plus » avec toujours « moins » de moyens (
budgétaires ou humains) mis dans un contexte stratégique fluctuant et mou
aboutissent à une pression managériale où les cadres de management
intermédiaire, pris entre le marteau et l’enclume, finissent par craquer les
uns après les autres. Rien d’étonnant à voir certains pousser leur mal être à
des extrémités. J’ai souvent entendu qu’il ne « fallait pas avoir d’état d’âme
» pour faire un bon manager. Mille excuses d’avoir eu un cerveau…
Reconnaissons aussi que le contexte managérial des PME aiment les hommes de
résultat et affectionnent les vrais durs, seuls capables de les obtenir !!… Les
purs, les vrais, (les tatoués) ceux qui ne se posent pas 50 questions avant
d’agir. Il y a comme une virilité malsaine en entreprise. Quand je parle de
virilité, je ne pense pas qu’aux hommes car certains managers femmes peuvent
être pires que les hommes. Ne faisons pas de sexisme ; la perversité est un
plat qui se mange froid.
Le contexte n’est pas brillant : il est révélateur du contexte social dans
lequel la France barbotte depuis maintenant plus de 20 ans. Mais les
choses peuvent évoluer et la PME peut montrer la voie à suivre. Plus courte
dans son effectif elle n’en est que plus réactive pour inventer de nouveaux
modes manageriaux.
J’ai une foi enracinée dans l’intelligence des hommes. Je ne fais là encore
aucun angélisme ( car j’ai aussi mes travers) mais je suis convaincu que l’on
peut trouver de nouvelles pistes qui permettent de conjuguer, performance et
exigence de résultat, respect des hommes et de renforcer leur appartenance à
l’entreprise.
Mon patronyme me rapproche du monde du Rugby, sport que j’affectionne
particulièrement. J’aurais adoré être un n°9… Mon
célèbre homonyme avait le n°10… La parabole est un peu simpliste mais je suis
convaincu que l’entreprise ira vers ces modes d’organisation. Exigence,
Performance, Solidarité et culture du groupe plutôt que reconnaissance d’un
leader me semblent les valeurs de demain. Bouvard et Heuzé parlent pour leur
compte de conjuguer « travail et amitié »… et pourquoi pas ?. Osons cette
dernière naïveté. Pour la mettre en place je ne vois qu’une seule voie à
prendre pour les managers : celle de le sincérité, de la vérité et de
l’exemplarité.
Honnêteté et rigueur intellectuelles seront les 2 piliers du management de demain. Osons la simplicité. Elle est souvent gage d’efficacité. A ces 2 piliers je rajouterais un 3eme : celui du plaisir. Le travail n'est pas pas une torture, et l'entreprise un lieu de contraintes; Travailler ensemble doit devenir un plaisir où chacun doit pouvoir s'epanouir. Dans mes différentes expériences d’encadrement j’aimais dire : que « pour pouvoir faire de belles choses il fallait bien se marrer !… » Alors, sans mettre en place de management par le rire (quoi que…), osons au moins celui qui réhabilite le plaisir de partager ensemble une expérience commune.













Commentaires
« Car n’oubliez pas que la France (…) cultive encore le jeunisme synonyme de dynamisme d’entreprise. » Hmmm… Vous, vous n'avez pas vu tous les « jeunes » qui cherchent un gagne-pain ces dernières années… pas moyen de se faire embaucher ! Et ne parlons même pas de se mettre à son compte : « vous êtes trop jeune, vous n'avez pas d'expérience… » ! Comme on dit : « Diviser pour mieux régner ».
Bonjour et merci pour votre commentaire. Je ne sais pas quel est votre age mais vous avez raison malheureusement... Il y aurait les mauvais jeunes, les - de 30 ans (sans experience) qui ne peuvent pas rentrer sur le marché du travail. Et il y aurait les mauvais vieux; les + de 45ans (avec trop d'experience...). Préparez vous aussi à cette triste réalité....
Il semble qu on soit tous passé par la case "debut de carriere" et il est difficile de démontrer que l' on est compétent si personne ne vous donne la chance de le prouver. Soit....
Si vos compétences ne sont pas remises en cause et si seul votre age peut faire barrage à votre embauche, n'hésitez pas à destabiliser votre recruteur en douceur, en lui indiquant que si votre seul défaut est d'être jeune, alors c'est un defaut que vous voulez bien avoir encore longtemps.
Pour l avoir experimenté, cela marche....et cela peut vous permettre de débuter. Votre recruteur doit sentir que vous avez une approche mature et que vous êtes serein et confiant quant à vos compétences. L'âge est parfois un obstacle mais j'ai vu des DAF de 25-26 ans dans de grands groupes internationaux et je peux vous assurer que compétences et serenite etaient au rendez vous. Donc croyez en vous !
Pour finir, n'hésitez pas à élargir votre horizon, la France fonctionne encore avec de lourds clichés au sein de ses entreprises, mais ce n'est pas le cas partout. L'Angleterre, l'Allemagne, et meme l Espagne ont une approche tres differente. Alors je sais que cela ne va pas plaire à notre nouveau President de la Republique qui souhaite que nous restions sur le territoire, mais si cela peut vous permettre de débuter (pour les - de 35 ans) ou de rebondir (pour les + de 50 ans) pourquoi ne pas traverser les frontières ?
Merci Sylvie. Vous avez parfaitement raison. Le cadre français est beaucoup trop étroit. Nous sommes devenus des citoyens du monde et il nous faut raisonner à cette échelle. Cette expatriation dont vous parlez est à mon sens plus envisageable pour les jeunes que pour les plus anciens. A 50 ans le niveau d'exigence est très haut pour un cadre. Votre performance doit se demontrer dans le tres court terme. A cette exigence si vous rajoutez la maitrise de la langue, le choc culturel, les contraintes familiales dûes à cette expatriation, j'ai peur que le challenge devienne hos de portée. Par contre pour les jeunes :100% d'accord. Vous n'avez rien à faire en France et surtout rien à perdre au contraire.