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mercredi 26 septembre 2007

La Performance du manager Marketing en PME

C’est un sujet très compliqué que d’essayer de mesurer la performance d’un Homme marketing. En entreprise et surtout en PME, la position du marketing est assez ingrate sur ce point car elle est éloignée de la prise d’ordres et il faut une vraie intelligence aux dirigeants commerciaux pour reconnaître l’incidence des actions marketing et partager les succès commerciaux. Tout est une question d’Hommes et de culture d’entreprise…

Pour les échecs, là : pas de question à se poser. Le marketing est la bonne cible ! Dur dur, mais autant le savoir dès le départ et se préparer : Un Homme marketing est condamné à réussir. Il doit porter la performance, l’ambition de l’entreprise et avoir un effet d’entraînement sur toute l’organisation. Il doit créer une dynamique positive autour de son action sans nécessairement pouvoir raccrocher directement son action aux résultats de l’entreprise.

Je reconnais que cette position (très inconfortable) peut être paradoxalement assez grisante ; vous devenez une sorte de personnage clé de l’entreprise dont tout le monde parle… Attention tout de même au « retour de manivelle »… Il faut savoir raison garder lol

L’indicateur de performance du manager marketing ne pourrait donc se faire que sur des aspects qualitatifs et la qualité de son intervention dépendrait largement des acteurs commerciaux (Grands comptes, directeurs commerciaux, vendeurs…) au contact du CA, qui deviendraient seuls capables d’apprécier la pertinence de son intervention.

C’est bien là le piège de la fonction : le qualitatif… l’image, la communication…(le brassage d’air ?…) attention : le marketing peut aussi vite devenir le super fonctionnaire de l’entreprise ; celui qui va mettre plus de « fluidité » dans la circulation d’information, celui qui va conceptualiser les développements produit par exemple, ou celui qui organisera le cadre de réflexion stratégique, formalisera les comptes rendus de reunion … Attention : laissez çà aux champions de l’ISO !!… Ne vous trompez pas de sujet. Dites vous aussi qu’il y a toujours trop de fonctionnaires ! N’en devenez pas un de plus surtout en PME !…

Certes en PME on n’évacue pas la qualité d’intervention d’un responsable ni sa capacité à fédérer des énergies, mais l’urgence financière dans laquelle elle se trouve, nous ramène toujours à n’apprécier que 2 indicateurs auxquels on donne toute pertinence : le CA et la Marge commerciale. Alors comment faire pour apprécier la performance du manager marketing sur des critères objectifs donc mesurables?

Je vous conseille de mettre en place ces indicateurs dès votre arrivée dans l’entreprise. Soyez fermes là dessus, car beaucoup de dirigeants de pme n’ont aucune idée sur la façon d’apprecier l’action du Responsable Marketing qu’ils viennent pourtant d’embaucher.

2 choses essentielles à apprécier pour construire ces indicateurs:

- Votre position dans l’organisation (l’organigramme)

- Votre capacité à pouvoir créer ou non des synergies très fortes entre le marketing et « l’industrie » et surtout bien identifier vos marges de manœuvres sur les acteurs commerciaux.

Si votre position hiérarchique ne vous donne aucune tutelle hiérarchique sur l’équipe de vente (en PME 90% des cas) vous devrez vous contentez de vous placer sur le terrain de l’optimisation des moyens : on gère. Dans ce cas, je vous propose quelques exemples d’indicateurs de performance qui pourraient être retenus :

- Réduction des temps de développement

- Economie dans les lancements

- Optimisation du budget de communication (points supplémentaires de notoriété …)

- Economie sur le fonctionnement du service

ETC…

Rien de bien transcendant ! En fait, la majorité des structures marketing en PME sont appréciées sur des critères qui n’ont rien à voir avec la dynamique du commerce et ceci est normal dans la mesure où elles n’ont aucune tutelle sur les équipes commerciales. Le directeur marketing devient un contrôleur de gestion supplémentaire et sa logique de fonctionnement le ramène souvent, vers des réflexes de gestionnaire… de la pénurie…

En effet, comment apprécier l’incidence du marketing dans les gains de parts de marché si l’équipe commerciale n’est pas contrôlée sur les TMP (taux de mise en place) des produits ou les TP (taux de présence) par circuit (par ex.), la DN ou la DV? Comment maîtriser la marge commerciale sans pouvoir contrôler la performance du discours technique des Grands Comptes ou des vendeurs terrain ? Tout le monde le sait : « tous les produits se ressemblent!… Pourquoi ce nouveau produit serait il 20% plus cher ?… ». N’oublions pas non plus que les primes des Hommes de la vente sont motivées par des objectifs qui n’ont peut etre rien à voir avec ceux du marketing…

En PME la situation est pourtant assez récurrente de voir la performance du Responsable Marketing être apprécié sur les PdM ou l’évolution du CA alors qu’il ne maîtrise aucun levier commercial (il peut même lui arriver de ne pas maîtriser toutes les variables du Mix notamment le prix de vente.) : attention ! Vous devenez responsable de « l’effet », en ne maîtrisant même pas 50% de « la cause » !…

La position hiérarchique du Responsable marketing dans l’organisation est essentielle pour mettre tous les acteurs (vente et marketing) dans le même sens, et vous connaissez ma position sur ce point (voir post sur l’Organisation à privilégier).

Dans le schéma d’organisation que nous préconisons, la performance marketing doit certes pouvoir se mesurer sur les indicateurs précédemment cités (Temps de développement, Economie sur les lancements, Optimisation du budget de communication , Economie sur le fonctionnement du service) mais elle doit surtout faire référence aux points suivants :

- Evolution des Parts de Marché TMP TP DN DV

- Evolution du CA (analyse par circuit, par famille etc…)

- Evolution de la Marge commerciale

Nous rajouterons d’autres indicateurs qui s’attachent à la performance des produits qui n’a rien à voir avec la lecture statique de la marge ou du CA. (taux de ré-achat, CA ou Marge/cm linéaire, DN/DV, etc…). Ces indicateurs complémentaires ne doivent pas être trop nombreux. Ils reflètent la spécificité du marché étudié et ils doivent surtout être reconnus par l’entreprise et par les CLIENTS…

Pour finir sur l’indicateur qui nous semble être le plus important pour apprécier la performance marketing et par-là même la performance de l’entreprise ( nous développerons ce point dans le role de leader et d’acteur du changement du marketing) est la mesure du niveau de Satisfaction Client. Nous aimons à le répéter depuis le début du chapitre : le Client doit être mis au coeur de l’entreprise. Il est tout à fait légitime de mettre cet indicateur au plus haut dans la hiérarchie de tous ceux que nous venons de citer. La réalité en PME est tout autre et il est navrant de voir le peu de budget alloué à sa mesure. Voilà un beau chantier pour changer les choses !

Pour conclure sur ce chapitre de la mesure de la performance du manager marketing en PME, nous avons vu que le seul rôle qualitatif de son intervention ne suffira pas. Il est indispensable d’apprécier sa performance sur des critères objectifs, donc mesurables. Il devient alors essentielle de voir sa position dans l'organisation, et de valider des critères de performance auprès de son hiérarchique ( PDG ou Directeur commercial…). Critères qui soient en rapport avec son incidence réelle dans la mesure des résultats : le faire dès son arrivée dans l’entreprise (c’est peut être vital pour son devenir dans l’entreprise...). La performance du manager Marketing sera alors, de garantir la réalisation des objectifs.

lundi 24 septembre 2007

Le Manager Marketing

Comme je l’avais fait dans l’introduction de ce chapitre j’ai voulu dissocier 2 attitudes que le marketing doit incarner en pme : celle du manager et celle du leader acteur du changement. Selon l’approche anglo saxonne, le manager est celui qui fait bien les choses « he does things right » ; alors que le leader est celui qui fait la bonne chose « he does the right thing »… Essayons de mieux apprécier ce rôle de manager chez l’Homme de marketing.

Le manager Marketing

Pour définir la légitimité d’un manager, et par la même lui donner son autorité, Bernard Touchebeuf et Maurice Thevenet (Patron et 1er manager de mon entreprise), font référence à 5 ponts: son statut, son expertise, sa performance, son authenticité et enfin sa capacité de service.

Nous nous concentrerons sur 3 aspects clés qui doivent suffire pour définir le manager Marketing : son niveau d’expertise, sa force d’entraînement, sa capacité de service. Les 2 autres (statut ou authenticité) ont soit été déjà évoqués dans le chapitre du profil humain du Responsable Marketing, soit me semblent sans intérêt pour ce qui est du statut.

Attention, je ne retire rien de ce que j’ai pu énoncer dans un post précédent sur le profil humain du Directeur Marketing. Son expertise est certes intéressante et nécessaire pour son environnement managérial immédiat, mais ses compétences techniques ne sont pas suffisantes pour légitimer son rôle de dirigeant. La dimension humaine du Manager Marketing est à mon sens essentielle.

Son expertise : Le manager marketing est nécessairement un expert de son domaine et a forcément fait la démonstration de son efficacité dans ses expériences antérieures. Sur ce terrain, il m’est apparu au fil des années que 2 domaines d’expertise soient assez difficiles à réunir pour un même Homme : expertise du marketing des Biens durables et celle du marketing des Biens de grande consommation. Des expériences personnelles assez récentes n’ont fait que confirmer ma position. Si votre expertise marketing s’est faite dans les PGC il vous sera impossible d’être performant dans les marchés de biens d’équipement (ou biens durables) et vice versa. Il y a bien 2 approches marketing différentes (qui peuvent se rejoindre sur certains points).

En PME, son expertise va bien sur s’exprimer sur le terrain du commerce et de la distribution. Il lui sera d’ailleurs assez simple de faire la preuve très rapidement de sa performance en l’associant au Directeur Commercial et autres Grands Comptes dès son entrée dans l’entreprise pour qu’il enrichisse les négociations commerciales en cours. Voilà un moyen rapide et peu onéreux pour le PDG de mesurer la performance de ce nouvel entrant… Certes chaque marché a ses particularités et la fameuses sensibilité commerciale si chère aux équipes commerciales ne s’acquiert pas avec un claquement de doigt. Mais attention, trop de sensibilité commerciale n’est pas mieux et peut vite vous amener à tourner en rond vers les mêmes recettes commerciales... Non je confirme et signe, en PME le Directeur Marketing doit faire la preuve de son efficacité commerciale dès son arrivée.

Si son expertise doit d’abord s’exprimer dans le domaine commercial, elle doit aussi le faire dans le domaine du développement et celui de la stratégie d’entreprise. (Ce point sera développé dans le rôle de leader du marketing)

L’expertise marketing doit donner au dirigeant des moyens conceptuels simples d’organiser l’évolution de son entreprise. C’est bien là le problème des Hommes marketing : essayer d’être simple. Cette exigence de simplicité renforcera l’influence marketing dans l’entreprise. Traditionnellement l’Homme de marketing est plus « attendu » sur ce terrain (stratégie et Développement) que sur celui du commerce. Par conséquent, il va falloir que son discours soit d’une grande efficacité. ( il n’est pas interdit de recommander un bon livre pour remettre tout le monde à niveau ; je ne recommanderais pas le Kotler totalement inadapté pour les pme. Par contre certains Vuibert Gestion me semblent tout à fait recommandables… : le faire avec doigté…) Jack Welch (pourtant ancien patron de GE) dans son dernier bouquin (ma vie de patron) exprime bien cette attente de simplicité de la formulation stratégique.

L’expertise marketing doit surtout s’exprimer sur le coté sombre de la vie de l’entreprise doit tout particulièrement se concentrer sur la concurrence. ; Bilans, Parts de marché, stratégie produits, stratégie prix, stratégie de distribution, stratégie de communication... Vous devez tout savoir sur vos concurrents et surtout pouvoir répondre aux questions suivantes :

- Quelles positions les concurrents détiennent ils (en France et à l’étranger) ? (PdM, les réseaux de distribution privilégiés, les points forts en termes de produits etc...)

- Comment s’est modifié le paysage concurrentiel ces 2 dernières années?

- Comment a réagi l’entreprise?

- Que redouter des concurrents ces 2 prochaines années?

- Comment prendre un temps d’avance?

En fonction de cette analyse, le marketing doit poser les jalons et piloter cette réflexion stratégique dans l’entreprise et l’amener à définir rapidement ses priorités d’action.

En PME, l’expertise Marketing doit donc s’exprimer dans 2 domaines : le commercial (opérationnel direct) et le stratégique (avec une préférence pour l’opérationnel direct).

Voyons maintenant, comment le manager marketing doit exprimer sa performance et comment doit on la mesurer ?

mardi 18 septembre 2007

Patron et 1er manager de mon entreprise

Pour écrire le chapitre sur les compétences de manager et de leader que tout Homme de marketing doit démontrer, je me suis inspiré de l’excellent livre de Maurice Thévenet et Bernard Toucheboeuf « Patron et 1er manager de mon entreprise ». Si leur pari était de démystifier le sens du mot « management », il est gagné. Voilà un livre très efficace qui réunit théorie, exercices pratiques d’évaluation et témoignages de dirigeants. Je vous le conseille vivement !

Patron et 1er manager de mon entreprise