Consultant MarKeTinG

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lundi 14 décembre 2009

Réconcilier le management stratégique avec la PME (3.4)

Pour avoir un aperçu objectif de cette valeur perçue, je vous recommande de faire appel à un cabinet d’étude. Externe à l’entreprise, et en prenant les précautions d’usage, vous aurez un rendu objectif de cette valeur perçue par le client. Je vous recommande par ailleurs, de pousser l’analyse à toutes les variables du mix (voire un peu plus) et de les positionner par rapport à la concurrence. Reproduire cette étude sur toutes les strates de la chaîne de décision (catégorie manager, chef de produit, directeur… (distribution), clients finaux) en diversifiant vos zones géographiques.

Valeur Produit

Je le répète : c’est bien le client et non le fournisseur (…) qui évalue la performance des caractéristiques du produit (ou service).

Remarque : ces informations objectives sont importantes car elles peuvent venir en appui d’une négociation de vente et vous permettre de sortir d’une spirale enfermée sur les prix…

Pour terminer et donner une équation à cette valeur perçue :

L'avantage perçu

Une approche plus financière de la valeur: Au stade générique (Phase préparatoire) où nous sommes intéressons nous à voir comment la valeur se traduit d’un point de vue financier.

L’estimation de la valeur nous amène à donner les ressources disponibles (le passif du bilan) et de voir, à travers un filtre grossier, leur mode de création de valeur pour les investisseurs. Osons le schéma simpliste suivant :

Actionnaires

Tout part des capitaux propres et des emprunts ou dettes contractées par l’entreprise. Il s’en suit un cercle « vertueux » (espérons le pour l’entreprise…) où ces capitaux réunis servent à acheter ou mobiliser des actifs qui vont produire un CA et à terme un résultat (imaginons le positif). Ce résultat est ensuite soit redistribué vers les actionnaires soit réinvesti soit les 2 en même temps (dans notre schéma la balance penche fortement vers le réinvestissement du résultat dans l’entreprise)

Capter de nouveaux investisseurs est un objectif important pour disposer de nouveaux capitaux et accroître les marges de manœuvres de l’entreprise (développement interne ou externe, fusion, acquérir un concurrent etc…). De quels outils disposons nous pour attirer nos investisseurs ?

En termes financiers, il y a des tas de choses intéressantes à notre disposition, le compte de résultat, le bilan, le bilan financier, les soldes intermédiaires de gestion, les ratios etc… Le TSIG donnent des informations intéressantes mais chacun des soldes souffrent soit d’une approche trop restrictive soit trop globalisante. La valeur ajoutée par exemple est un solde intéressant pour donner la richesse produite par les entreprises. Consolidée sur un secteur, la valeur ajoutée pourrait donner une idée de sa plus ou moins grande attractivité. Mais des tas d’expériences personnelles viennent contredire cette affirmation. Une stratégie de niche peut considérablement brouiller les cartes et se révéler être très rentable alors que le secteur dans lequel elle s’inscrit soit très peu attractif.

Nous soulevons ici une idée : la compétitivité d’une entreprise (ou sa performance) est dépendante de sa position stratégique qui va croiser l’attrait du secteur et la position de l’entreprise dans ce secteur.

Position stratégique = Attrait du secteur x Position de l’entreprise dans ce secteur

Le résultat net est un autre indicateur de la valeur d’une entreprise mais moins grossier regardons le ROI (Return On Investment).

ROI = Marge / Actif ou capital engagé.

Ce ratio est intéressant car il donne une idée rapide de la performance commerciale et de l’efficacité de l’entreprise dans la gestion de ses capitaux. Le ROI donne une idée de la compétitivité de l’entreprise mais attention à cet indicateur.

Attention : ce calcul simple ne donne que le retour financier immédiat des capitaux investis. Il n’intègre aucune donnée sur les avantages concurrentiels non financiers retirés d’un investissement : développer son réseau commercial pour atteindre une taille critique, améliorer son système d’information ou ses connaissances sur un secteur prometteur, le travail sur la flexibilité ou la performance logistique… sont autant de démarches génératrices à terme d’avantages concurrentiels qui produiront du cashflow. Rien de tous ces actifs immatériels ne transparaît dans le calcul d’un ROI. C’est pourtant un indicateur jugé clé pour mesurer la performance d’une entreprise (méfions nous du ROI !...)

Remarque : J’ai de très bons amis financiers mais sur cette seule approche nous voyons bien le dilemme qui s’opère entre l’analyse financière et l’opportunisme marketing. L’un fonctionne avec des opérations somme toute trop simples, l’autre se risque à imaginer le futur. Le poids du dirigeant doit trouver ce juste milieu qui doit accorder toutes les parties dans un cadre raisonnable. Je le répète : le poids du dirigeant est essentiel. Il est regrettable que dans l’incertitude qui caractérise notre économie depuis une vingtaine d’années, les financiers aient acquis, en France, une influence déterminante auprès du dirigeant. L’immobilisme dans lequel nous nous trouvons où la seule source de développement de la valeur est de faire fabriquer ailleurs (…), nous conduit à voir des entreprises figées par les exigences délirantes des actionnaires ou des banques, angoissées par l’avenir et incapables de raisonner hors du court terme. Si l’incidence des actionnaires est beaucoup moins significative pour les pme, force est de reconnaître le poids anormalement fort des financiers au sein des comités de direction. Cette situation expliquerait elle la situation économique sclérosée dans laquelle nous sommes depuis plus de 20 ans? Je ne suis pas loin de l’imaginer… Où sont les Patrons ? Mesdames, messieurs les dirigeants de pme : reprenez le pouvoir !

vendredi 4 décembre 2009

Réconcilier le management stratégique avec la PME (3.3)

Phase préparatoire - Etape n°4 : Processus de la création de valeur, ROI & ROE, objectifs financiers, évaluation des risques, compétences managériales

Les métiers définis et l’entreprise positionnée, j’ai voulu intégrer une étape « fourre-tout » qui regroupe les bonnes questions à se poser et l’information à réunir avant de se lancer dans le déroulé du modèle. L’objectif : évaluer les potentialités de l’entreprise.

Tout d’abord, intéressons nous à la valeur. Vaste débat ! Si l’entreprise existe, c’est bien qu’elle est capable par son intervention de générer une valeur. En quoi votre intervention a de la valeur ? Quel est le montant de cette valeur que les clients sont prêts à payer ? Comment est elle appréciée ? D’où vient elle ? Est elle rare ? Comment la protéger et l’accroître? etc…

Outre sa définition et son estimation, le management de cette création de valeur ou de cette nouvelle compétitivité (recherchée dans cette phase préparatoire) va devoir concilier 2 autres aspects : tenir compte des incertitudes et des risques pour la créer (tenter de les maîtriser ou du moins de les évaluer), et la légitimer, notamment auprès des actionnaires, ou autres acteurs internes et externes de l’entreprise (shareholders et stakeholders).

Valeur Compétitivité

Nous donnerons donc un cadre à cette valeur qui sera contenu dans la notion de risque et de légitimité, c'est-à-dire un accord des parties prenantes pour la réaliser.

. La création de valeur

Il y a différente façon de percevoir cette valeur notamment comptable, financière, mais celle qui va nous intéresser tout d’abord est celle de la valeur perçue par le client. En quoi la valeur perçue de mes actions de mes produits par le client est elle performante ?

On ne peut pas parler de la valeur sans faire référence à la chaîne de valeur de Porter

Activité Soutien

Je ne vais pas rappeler les principes de la réflexion de Porter sur la chaîne de valeur, il y a de très bons bouquins là-dessus. La seule chose a garder en tête est de rappeler cette évidence : chaque service de l’entreprise construit de la valeur. Maintenant, la question intéressante à se poser est : quelle est le montant de cette valeur ? Que vaut mon service RH, Marketing, R&D,… Il n’est pas seulement bon ou mauvais! Quel est le montant de la valeur économique que ces services procurent à l’entreprise ? Quelle est la valeur de la Direction Générale par exemple?... Uniquement le RCAI (Résultat Courant Avant Impôt) ? Indicateur non satisfaisant car révélateur de la performance globale de l’entreprise. Non, quelles richesses (matérielles et immatérielles) me rapporte la DG ?... Autant de questions désagréables mais indispensables à se poser. Car en face de la valeur il faudra évaluer un rendement donc mettre les coûts de génération de celle-ci… Alors là, la complexité de son évaluation sera une fonction exponentielle de la taille de l’entreprise : très compliqué !... Nous sommes sur un tabou. Mais les choses changent ; des tentatives très sérieuses ont été faites pour évaluer la performance des services RH par exemple (http://www.tbs-sct.gc.ca/res/mesrh02-fra.asp#appr1). Pas facile a priori de donner une valeur à son service RH, mais on y arrive !

Pour le marketing, nous avons déjà publié un post sur ce sujet très important et pour faire court, reprenez votre définition de poste et travaillez sur chaque item en lui attribuant un indicateur de performance. Proposez vos conclusions à votre hiérarchie pour lui permettre de les valider et invitez la à élargir cette réflexion sur tous les services et bien sûr à en faire de même !... Des pistes intéressantes sur le net peuvent vous aider à construire cette valeur ;je vous invite à consulter le lien suivant de nos amis canadiens : https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/docs/GSC1351/F27840949_Cartographie_1_.pdf

La question est toujours la même : comment je retrouve un (ou plusieurs) Avantage Concurrentiel stable. Autant de questions que nous nous poserons dans la construction des DAS. Faut il s’approprier cette valeur (compétence) ? La développer ? L’externaliser ? La supprimer ?...

En fait cette valeur va largement dépendre de la stratégie qui sera choisie. Pour un entrepreneur, il n’y a pas 50 solutions possibles tout juste 2 possibilités !

  • soit vous recherchez un avantage produit par la valeur perçue : axe différenciation
  • soit vous voulez être le moins cher du marché : axe coût

La contribution des acteurs à la création de la valeur, sera largement dépendante de cette magnifique parabole :

Rentabilité

Il va falloir choisir !... Exit les consensus mous ! (expériences personnelles…) Il n’y a pas 50 solutions malheureusement. Il n’y a pas d’exemple de sociétés ayant réussi dans une stratégie intermédiaire. Soit vous êtes sur un axe de différenciation à créer de la valeur ajoutée à vos produits, soit vous privilégiez les volumes. A partir de ce schéma simple et de la décision prise, il faudra adapter la valeur que l’on recherche auprès des services.

Rappel du processus de création de valeur : Si je prends une activité précise (ex je fabrique des meubles de cuisine...), ma création de valeur n’est en fait que l’expression d’une suite de chaînes de valeurs qui s’emboîtent les unes dans les autres.

Ressources

L’entreprise génère en fait un réseau de création de valeur.

  • 1ère valeur créée par le fournisseur qui par la plus ou moins grande rareté de sa fourniture influera directement sur la valeur perçue par l’entreprise acheteuse
  • 2eme valeur créée celle de l’entreprise qui injectera à cette fourniture tout son savoir faire technologique, ses processus, mais pas seulement. Son travail sur la Marque et le marketing peuvent contribuer à donner une plus value non négligeable à un produit ou un service (à condition quelle soit réellement perçue et appréciée par le Client (ici distributeur)) Coca Cola 80% de sa valeur est immatérielle…
  • 3eme valeur créée celle du distributeur vers le client final (consommateur) qualité du magasin, du conseil, de la diversité des produits en rayon (etc…) constituent autant de ressources mobilisées pour capter le client final qui s’ajouteront à la valeur du produit (ou de la prestation).

Cette perception est importante car bon nombre de dirigeants oublient cette logique de la création de valeur. J’ai souvenir d’une société importante qui fabriquait des meubles vendus auprès de la grande distribution; meubles qui étaient ensuite destinés aux particuliers. Le président de cette société avait mis en préambule de son plan, une logique commerciale BtoC avec bien sûr un positionnement moyen-haut de gamme (rappellez vous ma magnifique parabole et de la zone d’enlisement…). L’observation rapide et très sommaire des coûts faisait apparaître un budget de communication externe inférieur à 1% du CA !... Alors, BtoC ou BtoB ?... A moins de s’appeler Ferrari (qui n’a jamais fait de pub) et avec une valeur perçue qui n’a rien à voir avec celle de la voiture de sport, je pense que 1% du CA en com externe risque d’être franchement insuffisant dans une logique BtoC!...

Attention à ne pas se tromper de débat, et à bien adapter son action sans « s’accrocher à de vieilles lunes ». Ne pas se tromper de priorités, ni de cibles et focaliser son attention sur la valeur perçue par le destinataire. Pour conclure rapidement sur ce chapitre de la valeur, je dirais qu'il est très important de pouvoir comparer cette valeur à son environnement. Une valeur n'a de sens qu'à la condition de pouvoir être positionnée. Plusieurs pistes apparaissent possibles :

  • Soit elle se positionne par rapport aux concurrents du secteur
  • Soit on mesure sa performance par rapport à des pôles d'excellence ici des entreprises présentées comme exemplaires sur un sujet donné. Par exemple le SAV IBM peut être jugé très performant par certains observateurs. On va alors positionner la performance (donc la valeur) de son action SAV dans l'entreprise en référence à IBM par exemple sans être dans le même secteur.

vendredi 27 novembre 2009

Réconcilier le management stratégique avec la PME (3.2)

Phase préparatoire - Etape n°3 : Position de l’entreprise dans son ou ses métiers (valeurs distinctives de l’entreprise)

Préambule :

Notons tout d’abord une chose importante, très souvent négligée dans les pme : l’importance de la qualité de l’information et de la veille. Il n’y a pas de réflexion stratégique valable sans veille organisée. Cette veille peut se mettre en oeuvre autour de certains modèles (Porter) et il n’est pas inutile de nommer un responsable de l’organisation et de la synthèse de ces informations clés (sur ces questions on parle d’intelligence économique) auxquelles toute l’entreprise doit être partie prenante… Toutes les strates de l’entreprise doivent nourrir cette base de données essentielles. Tous les acteurs sont à mobiliser : les acteurs externes (Fournisseurs, CCI, Syndicats Pro., Clients, Banques entre autres) mais aussi et surtout les acteurs internes par leurs relations interpersonnelles qui en pme sont très faciles… Attention il ne s’agit pas seulement de faire une veille technologique du ou des métiers de l’entreprise mais de l’ensemble des informations clés pour construire notre projet. Ces informations seront essentielles pour réduire le risque stratégique.

position entreprise

Pour revenir au chapitre qui nous intéresse, je fais volontiers un rapprochement entre la notion de métier et celle des valeurs de l’entreprise, je m’en expliquerai plus bas.

Essayons de définir la notion de « métier ». Selon la philosophie en place, le métier recouvre l’idée de savoir faire maîtrisé ou d’un ensemble de ressources (on parle de système d’offre) que l’entreprise peut mobiliser pour réaliser un produit (ou un service). Ce système de ressources comprend les actifs détenus par l’entreprise au sens comptable + les compétences. Attention donc, la notion de métier n’intègre pas seulement un « savoir-faire technique» mais ce sont aussi les compétences des salariés qui sont mises en œuvre pour l’organiser.

Reconnaissons qu’il n’est pas toujours simple de donner le métier d’une entreprise. Si on observe l’évolution des organisations, on voit que certaines d’entre-elles se sont beaucoup diversifiées (même si l’on observe un mouvement inverse depuis une quinzaine d’années) et qu’il devient difficile de leur définir un métier. Prenons l’exemple de Bouygues : quel est son métier ? La maison de maçon ?... Bouygues a en fait aujourd’hui 3 métiers : le bâtiment, les telecom, l’audiovisuel et c’est à partir de ces 3 métiers que le management organise sa segmentation stratégique (par activité). Remarque : reconnaissons que pour ces 3 compétences ou savoir-faire, une forme d’excellence soit systématiquement recherchée (être le leader…plus contestable pour la téléphonie mais l’objectif demeure)… La notion de métier de l’entreprise n’exprimerait elle que de simples savoir faire techniques ou compétences?

Pour les pme ce n’est pas plus simple. Prenons l’exemple de cette société que j’ai bien connu à une certaine époque que nous appellerons Charpi de Mursot. Le métier de base était la frappe des métaux (or, argent, bronze notamment). Initialement (dans les années 1800…) ses produits étaient destinés à la bijouterie principalement et ils continuaient à connaître un succès certain. Dans les années 60 avec le boom de l’objet publicitaire elle diversifie ses activités et se lance (avec le même savoir-faire) dans les porte-clés (entre autres) et à la fin des années 80 elle se lance dans la fonderie d’étain pour fabriquer les bijoux fantaisie des maisons de haute couture. Quel est son métier ? On peut identifier 2 métiers dans cette PME : la frappe des métaux et la fonderie d’étain sachant que des synergies d’activités intéressantes existeront entre ces 2 métiers de base. Mais là encore, la dimension historique de l’entreprise transparaît sur les produits de bijouterie fantaisie ou de simples porte-clés (nécessairement haut de gamme). Les métiers de cette pme s’inscriront toujours dans une approche artisanale, où la composante humaine restera forte, pour des produits à très forte valeur ajoutée. La notion de métier de l’entreprise n’exprimerait elle que de simples savoir faire techniques ou compétences? (bis)

Le métier de l’entreprise semble fusionner dans un ensemble homogène qui regrouperait les notions d’identité, de compétences (élargies) et de mission (le débat est ouvert). LVMH ne se définit il pas comme l’intervenant majeur dans le luxe ?

Au stade où nous en sommes, de phase préparatoire de la formule stratégique de l’entreprise, le dirigeant va devoir faire la synthèse de tout ce que nous venons de dire précédemment et se positionner autour de 3 variables : l’identité de l’entreprise, son (ou ses) savoir-faire(s) et sa ou ses mission(s).

Identité Savoir Faire Mission

La position de l’entreprise dans son métier n’est en fait que la photographie de ces 3 éléments dans son environnement industriel au temps « To ». La position de l’entreprise dans son métier de référence (ou son industrie) sera d’y prendre une place bien particulière identifiée par ses 3 dimensions que sont : ses compétences et savoir-faire, sa mission, son identité d’entreprise.

Cube

On reconnaît bien sûr la représentation de Abell que j’utilise ici pour positionner l’entreprise dans son métier. Cette représentation sera reprise pour la gestion des DAS

Pour être plus concret, si je reprends mon exemple de la société précédente impliquée dans la frappe des métaux (presse :15T, 20T, 50T…), on peut arriver vers ce type de représentation :

Presse

C’est à partir de ces représentations que vous allez élaborer des groupes stratégiques par secteur.

L’intérêt de définir ces groupes est multiple :

  • Avoir une idée de la taille globale de votre secteur et évaluer son évolution (croissance, déclin…) et imaginer l’intérêt d’une diversification (par ex)
  • Avoir une idée claire de son environnement concurrentiel et ne pas se tromper d’adversaire. Par expérience, la remarque n’est pas superflue…
  • Réaliser les complémentarités qui s’exercent dans un secteur
  • Elaborer un premier scénario de mouvements des acteurs, mais aussi imaginer (avant l’organisation de l’activité par DAS) les partenariats, les fusions et autres alliances intéressantes à mettre en place

Etc…

Je le répète, le dirigeant doit donner une vision dynamique à cette représentation. Dès à présent, il peut imaginer les compétences nouvelles à intégrer pour répondre à des missions nouvelles et redéfinir de nouveaux groupes stratégiques. L’objectif est toujours le même : trouver une position concurrentielle avantageuse. La prise en compte de ces évolutions peut amener le chef d’entreprise à vouloir maîtriser de nouveaux savoir-faire…

Le Développement Durable, par exemple, va largement imposer aux chefs d’entreprise de remettre à plat la carte stratégique de leur secteur pour la faire coïncider avec les normes nouvelles et les codes sociaux nouveaux qui se mettent en place.

Environnement social & Eco

Il est d’ailleurs assez amusant de superposer les 2 représentations précédentes pour mettre le « savoir-faire ou les compétences » de l’entreprise dans le cercle de « l’environnement ». Si l’ambition de l’entreprise est d’inscrire sa croissance dans cette voie du DD (ce que je vous conseille vivement), commencer par « verdir » son métier est peut être le premier pas à faire, qu’en pensez vous ?...

Remarque : cette idée qui vient au fil de la rédaction de ce post est peut être pertinente. « Verdir son savoir-faire » pour engager l’entreprise dans la voie du DD vous incite à quelles réflexions ? Parmi les lecteurs de ce post existent-ils des experts sur cette question du DD qui peuvent faire le lien entre la notion de compétence et celle d’environnement entendu dans les termes du DD ? Comment imaginer la formulation d’un management stratégique « vert »?

jeudi 19 novembre 2009

Réconcilier le management stratégique avec la PME (3.1)

Essayons de voir comment le modèle pourrait se découper ? 5 phases se dégagent :

  1. Phase préparatoire : objectifs généraux, rappel des valeurs de l’entreprise, mesure de l’existant et des marges de manœuvres disponibles (principalement financières et managériales…)
  2. Phase de position concurrentielle : l’objectif est de donner une vision globale de l’entreprise placée dans son environnement concurrentiel dynamique (en mouvement)
  3. Phase de manœuvre stratégique : l’objectif est d’organiser des moyens pour prendre un temps d’avance sur la concurrence et accroître sa position concurrentielle
  4. Phase de consolidation stratégique : l’objectif est soit de sécuriser la phase précédente soit de gérer son incertitude par des recombinaisons de moyens existants, nouveaux ou externes à l’entreprise.
  5. Phase opérationnelle : l’objectif est la mise en œuvre concrète de la stratégie par les services

En fait la stratégie d’entreprise est un truc assez simple et logique. J’aime à rappeler la synthèse d’un des collaborateurs de Jack Welch à l’époque Président de Général Electrique pour qui la stratégie se résumait dans ces termes :

  • Quelles positions les concurrents détiennent ils ?
  • Comment s’est modifié le paysage concurrentiel ces 2 dernières années?
  • Comment a réagi l’entreprise?
  • Que redouter des concurrents ces 2 prochaines années?
  • Comment prendre un temps d’avance?

Regardons chacune des phases du modèle proposé :

Phase préparatoire :

Phase Préparatoire

Peut etre la phase la plus importante.

Etape n°1 : Vision du dirigeant (Abusivement notée initialement « Mission (vision du dirigeant) »)

Je corrigerais bien le mot mission pour ne laisser que Vision (intuition du dirigeant) et valeurs distinctives de l’entreprise (nous préciserons ce point à l’étape 3). J’adhère assez bien a posteriori à l’idée de Koenig pour qui la mission correspond aux contributions que l’entreprise apporte à son environnement (interne ou externe).

Métier

(source Koenig : management stratégique Dunod p222)

En Pme le problème est assez vite réglé car soit il n’y a aucune vision « Faut faire du chiffre!... », soit c’est le patron qui l’exprime. Cette question de la vision peut paraître superflue mais en fait elle est très importante et somme toute assez difficile à exprimer pour 2 raisons essentielles : elle ne doit pas être trop abstraite ni trop détaillée.

Ce doit être une image non figée dans le temps mais assez claire de la perspective dans laquelle les ressources de l’entreprise doivent s’inscrire pour répondre à des besoins clients. Exercice compliqué puisque l’on semble dire tout et son contraire en même temps. En fait il s’agit plus au dirigeant de faire partager son intuition sur le devenir de l’entreprise sans en faire un rêve inaccessible. Ceci est très important car cette vision doit être partagée par les collaborateurs en prise directe du concret et elle aura un impact sur la culture voire l’identité de l’entreprise (cad les valeurs de l’entreprise portées en interne par les salariés et visibles pour les clients).

Donc si vous n’avez exprimée aucune vision sur votre entreprise, prenez 10mn, rassemblez vos idées et partagez les avec votre comité de direction. L’aide d’un consultant n’est pas inutile…

Etape n°2 : Les buts.

Je ne vais pas faire d’intellectualisme sur la notion de but et d’objectif. Les buts expriment les lignes génériques à privilégier, les objectifs donnent les points précis à réaliser (CA, marge, embauches, achats de terrains, …)

Là encore ne pas multiplier les buts ; Définir au maximum 4 ou 5 priorités. Ceci est important car elles devront être parfaitement mémorisées par toute l’organisation et elles vont constituer les bases de l’architecture stratégique, et orienter les objectifs opérationnels, plus tard.

Exemple de buts et d’objectifs d’une entreprise intervenant sur le marché de l’objet publicitaire :

Etape 2

jeudi 2 juillet 2009

Comment réconcilier la pme avec le management stratégique ?

Vision

Mon idée est de proposer une démarche opérationnelle de management stratégique en réaction à la littérature brillante mais totalement inopérante qui meuble les rayons de nos belles bibliothèques.

Je suis en train de voir quel modèle simple (pas facile d’etre simple !) pourrait se mettre en place rapidement pour les pme, et leur permettre de construire un projet structuré à mettre en oeuvre. Je vous accorde, qu’il est un peu naïf, d’imaginer qu’une représentation type puisse accorder tous les cas de figure mais il s’agit ici de définir les étapes incontournables et de créer comme un « fil rouge » J’ai imaginé le modèle qui suit et je vous invite d’ailleurs à faire de nombreux commentaires. Vous allez tous reconnaître l’architecture du LCAG que j’ai enrichi d’expériences personnelles et d’avis « d’experts »…

mardi 1 janvier 2008

Bonne et heureuse année 2008

Je vous souhaite une très bonne et heureuse année 2008. Que votre santé soit au rendez-vous, afin que tous vos projets reussissent.

D'un point de vue marketing, que cette année soit une année d'innovations tant pour le marketing online que le marketing "dit" traditionnel.

lundi 10 décembre 2007

Une intégration marketing réussie en PME (suite)

Une intégration marketing réussie en PME passerait donc (et dans l’ordre) par une bonne appréciation de la culture d’entreprise et une mise à l’épreuve dans le grand bain commercial.

Le dernier point important sera d’organiser progressivement (et avec doigté…) la mise en place d’une réflexion stratégique dans l’entreprise. Attention en PME le sujet fâche et il est vite assimilé à une perte de temps (et donc d’argent). Il ne faut surtout pas passer pour le grand intellectuel de la troupe. Il va falloir doser votre approche et ne pas être trop ambitieux.

Rares sont les managers demandeurs d’analyse stratégique dans l’entreprise. Ce sujet est considéré à tort comme le « pré carré » des prérogatives du comité de direction. Et votre position dans l’organisation sera déterminante pour embarquer l’ensemble de l’entreprise dans cette voie.

Quoiqu’il en soit accrochez vous à ces cadres méthodologiques qui foisonnent dans la littérature marketing et qui doivent constituer des fondations à vos futures décisions opérationnelles (fonctionnelles). Ces cadres répondent de façon assez efficaces à cette demande de rationalité des managers où chaque euro compte. Cette situation explique l’influence déterminante de certains acteurs dans l’entreprise capables de construire des approches cartésiennes de la situation en se plaçant sur des chiffres qui « parlent d’eux même »... Le poids grandissant des financiers dans les organisations s’explique dans cette attente de rationalité froide…

N’oubliez pas que les PME (comme les plus grandes entreprises) vivent cette dernière décennie une position économique très inconfortable (voire pire encore) du fait de leur peu de fonds propres et leur insuffisance de trésorerie. Les politiques dénoncent assez régulièrement cette situation qui bloque la croissance des PME en France (nous avons en France un tissu de petites entreprises anormalement important par rapport à la situation européenne). L’intervention de l’Etat est alors d’imaginer des systèmes d’aides, de subventions déguisées ou de défiscalisations qui créent un système de plus en plus incompréhensible. Au final, rien ne vient modifier de façon durable la situation des PME. La précarité financière est un des maux les mieux partagés de la PME française.

Chaque euro est compté et il n’est pas simple pour le patron de faire les bons choix d’investissement (par exemple) sans céder au rapport de force du plus influant (Financier, Production, Commerce) pour orienter le futur immédiat de l’entreprise. L’addition (soustraction) et la multiplication (division) sont certes des opérations nécessaires pour faire avancer un raisonnement mais elles sont loin d’être suffisantes pour donner au patron les clés d’un développement futur pour l’entreprise. L’Homme de marketing va devoir formaliser de façon claire et accessible à tous, un raisonnement enrichi des compétences croisées des acteurs clés de l’entreprise, et amener de façon cohérentes des conclusions indiscutables qui emportent l’adhésion de tous : pas simple ! (je vous avais bien dis qu’un homme de marketing est un superman… ;-)) (Voir post sur le profil humain de l’Homme marketing)

Le cadre de réflexion du raisonnement marketing et stratégique doit largement jouer en sa faveur dans cette demande de rationalité. Il va rassurer et surtout ne pas apparaître partisan.

Si les règles élémentaires du management stratégiques nous enseignent qu’à une stratégie corporate succède une stratégie d’activité et ensuite fonctionnelle, l’intégration de cette réflexion dans l’entreprise risque de se faire de façon inverse (flèches oranges). Le cadre de fonctionnement du marketing doit faire tache d’encre et remonter progressivement toute l’organisation. A terme, l’habitude prise à chaque strate de management créera une forme de routine organisationnelle dans laquelle chaque manager aura à prendre part pour construire le cadre corporate qui insufflera à son tour le projet de toute l’entreprise. (et ainsi de suite…).

L’ISO est assez friand de ces modes de raisonnement qui peuvent prendre la forme de documents standardisés (disponibles sur le réseau) qui rapporteront les informations clés exprimées à chaque jalon de raisonnement.

Corporate Strategy

vendredi 7 décembre 2007

Marketing 3D pour l'habitat

Enfin une vraie solution pour tous les acteurs de l'habitat pour montrer en magasin et/ou sur Internet le rendu en 3D immersive le resultat d'un projet immobilier ou d'amenagement...
Le resultat est stupefiant par la societe SquareClock.

jeudi 6 décembre 2007

Intégration marketing réussie en PME

Après un break de 2 mois me revoilà pour parler d’une intégration marketing réussie en PME.

Contrairement à une idée reçue, si le terme même de « stratégique » crée, en PME, plus d’allergie qu’autre chose, j’ai souvent pu constater que certaines décisions des managers hermétiques aux concepts « trop fumeux » (.) peuvent se révéler être d’une grande pertinence stratégique. J’ai souvenir de cette entreprise spécialisée dans la frappe d’or ou d’argent qui, sous l’impulsion d’un nouveau DG, s’était remarquablement diversifiée en s’appropriant un nouveau savoir faire dans la fonderie d’étain. Les succès commerciaux enregistrés dans la bijouterie fantaisie de luxe qui s’en étaient suivis avaient largement contribués à redonner une nouvelle dynamique à cette entreprise vieillissante.

Comme Mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir, certains managers de PME se révèlent être de fins stratèges sans le savoir.

Il faut une vraie humilité aux hommes marketing pour approcher une PME. La tentation est en effet très grande de balayer ce qui n’a pas été formalisé selon des schémas rabattus et de poser un soi disant « savoir-faire » qui a fait ses preuves mais qui se révèle sans lien avec la réalité directe de l’entreprise dans son secteur. Attention donc : pas de précipitations qui risqueraient de compromettre une intégration réussie dans l’entreprise.

Pour avancer sur mon propos je découperai bien mon approche selon les étapes suivantes :

- Analyser le cadre culturel de l’entreprise et appréciez vos marges de manœuvre par rapport au management en place - Organisez un mode de fonctionnement clair qui privilégie les préoccupations commerciales immédiates de l’entreprise - initiez un management stratégique (sans le nommer).

Le préambule d’une intégration marketing en pme est donc, d’être vigilant à la culture en place dans l’entreprise. Le sujet peut paraître presque philosophique bien éloigné des préoccupations de l’entreprise mais il est pourtant essentiel.

Gardons bien à l’esprit qu’une PME est l’expression presque fusionnelle entre un individu (ou un petit groupe d’individus) et une entité économique. L’empreinte du patron est essentielle pour expliquer le cadre culturel de l’entreprise et il est important de bien maîtriser son profil pour imaginer une intégration réussie. Observons ses ressorts de motivation.

Il n’y a pas de profil type des patrons de PME (vérité de Lapalisse, il y a de tout : des bons mais aussi de très mauvais…). Maurice Thévenet et Bernard Touchebeuf dans leur bouquin « Patron et 1er manager de mon entreprise » nous donnent 3 pistes intéressantes pour tenter d’identifier son profil : l’achievement, le pouvoir, l’affiliation.

- L’achievement va concerner tout ce qui peut faire référence à la volonté de réussir, de gagner… Réussite de l’entreprise qui va marquer comme un chemin personnel les réussites du dirigeant. L’identification du patron aux succès de l’entreprise agit souvent comme un révélateur et crée comme une figure de proue, une sorte de drapeau emblématique autour duquel la collectivité reconnaît ses valeurs.

- Le pouvoir, 2eme motivation, va découler de la précédente. Attention aux dérives…

- La recherche d’affiliation serait enfin le 3eme ressort. Il fait référence à la recherche de reconnaissance, certains parlent de « besoin social » du patron.

Une intégration marketing réussie en PME passe par l’observation très affûtée de votre patron à travers ces 3 filtres. Il va falloir le jauger et manœuvrer en s’appuyant sur les bons leviers car ces 3 aspects sont bien sur à apprécier selon sa personnalité. Je rajouterai un 4eme point qui me semble tout aussi important pour mieux intégrer la culture d’entreprise en place: l’attention toute particulière à l’équipe dirigeante.

N’oubliez pas que nous sommes en PME et que les rapports personnels sont forts entre le patron et ses 1ers lieutenants… L’exercice est en effet très compliqué de s’insérer dans une organisation très bien rodée. Faites vous des alliers et soyez caméléon au moins les 2 premières années. N’oubliez pas que la culture d’entreprise et ce qui crée une forme d’identification à l’extérieur de l’entreprise sont souvent le fruit de tout un groupe de dirigeants qui aura su mettre en place ces référents fonctionnels et comportementaux. On entre dans une sorte de connaissance tacite de l’entreprise (non dite) qui est très importante pour rendre l’organisation cohérente. Tout nouvel entrant doit intégrer très vite cette dimension là au risque d’être rejeté.

Maîtriser la dimension culturelle de l’entreprise est un aspect essentiel pour ce nouvel entrant. J’ai souvent constaté qu’elle était malheureusement escamotée par les jeunes cadres qui tout frais moulus de leur 1eres expériences professionnelles, pensent pouvoir s’affranchir de ces considérations « psycho – philosophiques » totalement décalées de la rigueur des concepts (marketing ou stratégiques). L’expérience m’a montré qu’il faut savoir patienter, gagner la confiance d’un groupe pour pouvoir ensuite légitimer son autorité.

Si la culture d’entreprise est l’aspect dominant sur lequel ce nouvel entrant marketing devra concentrer toute son attention, comment doit on envisager son rôle fonctionnel en PME dès son arrivée?

Une intégration réussie du marketing en PME doit embrasser simultanément 2 projets :

- Recréer une nouvelle dynamique commerciale - Poser un plan d’analyse stratégique qui puisse projeter l’entreprise.

C’est un leitmotiv assez régulier dans ce blog de placer le service marketing dans la dynamique du commerce et d’en faire un acteur opérationnel de la vie quotidienne de l’entreprise. Le marketing doit coller au commerce et doit se placer comme un appui direct du directeur commercial ou des comptes clés.

Cela peut sembler assez incohérent de mettre l’action commerciale comme la priorité mais l’urgence économique dans laquelle se trouve la PME doit faire fonctionner les Hommes marketing au même rythme. Il sera toujours temps de corriger plus tard.

Réactivité commerciale :

Mon intime conviction est qu’en pme, un Homme marketing doit être capable de pouvoir suppléer voire se substituer à un compte clé en cas de défaillance de celui ci. C’est une situation assez extrême car je pense que l’expertise de chacun doit amener des complémentarités importantes mais elle illustre mon schéma de pensée qui doit placer le marketing en pme dans la sphère commerciale directe. Les plans de vente par enseigne, les conditions commerciales, les négociations de fin d’année, l’élaboration du barème d’écart … le marketing doit être au fait de ces sujets et doit vivre au rythme du commerce.

Un véritable marketing de distribution doit se mettre en place avec tous les indicateurs indispensables pour identifier la performance des actions mises en place et surtout identifier les opportunités de développement de court terme. Dans la mesure du possible ces indicateurs doivent se rapprocher de ceux retenus par les clients. Ce travail doit même être poussé jusqu’au vocabulaire utilisé par certains clients (distributeurs ou autres). Il faut vivre dans la sphère du client : mesurer et parler comme lui…

Une organisation (par groupe projet par exemple) doit pouvoir se mettre en place pour trouver les ressources opérationnelles capables de répondre sans délai à certaines opportunités commerciales données dans les thématiques promotionnelles par exemple. Le rôle marketing est alors tactique pour prendre la place de concurrents moins réactifs. Aller plus vite que les autres sans déséquilibrer l’entreprise, voilà le 1er challenge de l’homme marketing en pme. Cette réactivité doit se traduire dans des offres qui doivent vous permettre d’établir une nouvelle relation commerciale. Noter d’ailleurs, que cette nouvelle capacité à pouvoir répondre aux clients plus vite que les autres est importante car elle peut constituer à terme un avantage concurrentiel très important auprès de certains acteurs comme ceux de la grande distribution par exemple. Il faut se placer sur la solution de vente plus que sur les produits et faire vivre l’entreprise au rythme de vos clients et non l’inverse… Voilà une 1ere difficulté que l’homme marketing aura à combattre. La PME restant largement dominée par les contraintes industrielles.

Cette réactivité se trouvera soit dans l’entreprise par une reconfiguration des ressources internes soit dans des partenariats externes pour renforcer votre créativité par exemple. Ne baissez plus les prix ! C’est une spirale négative qui emporte les entreprises les unes après les autres. Préférez rajouter des services nouveaux. Augmentez la plus value de vos offres plutôt que les dégrader. Cultivez votre réactivité mais aussi la plus value de votre offre globale…

Quand je parle de reconfigurer les ressources de l’entreprise, je considère qu’un acte commercial n’est pas cantonné aux seuls commerciaux, mais doit concerner toute l’entreprise : service client (qui n’en a souvent que le nom…), SAV, logistique, mais aussi R&D, Production, financier et bien sur commerce. Je sais, c’est un lieu commun de le dire : l’acte de vente n’est que l’aboutissement d’un processus pour lequel toute l’entreprise doit se mobiliser ; combien de fois ai-je pu constater des situations totalement hermétiques où chacun développait son expertise dans son coin!...

L’Homme marketing doit se placer sur ce terrain de la « capacité organisationnelle », optimiser la chaine de valeurs pour accroître la réactivité de l’entreprise, répondre aux attentes des clients plus vite et mieux que les concurrents et créer à terme, un véritable avantage concurrentiel supplémentaire et créer une forme de rente organisationnelle. En PME c’est assez simple à organiser, mais encore faut il mettre en place une politique d’incitation intelligente pour les acteurs sollicités et identifier une capacité des managers en place a fonctionner de façon matricielle.

En PME, cette activité opérationnelle doit représenter pour les hommes marketing environ 50% de leur temps de travail (terrain avec les commerciaux, merch, veille concurrentielle, visite clients leaders, visites centrales, dossiers de référencement, développement des offres tactiques).

Savoir gérer son temps ; une autre équation pas toujours simple à solutionner. Je ne vais pas entrer dans le débat de l’urgence et de la priorité mais la rigueur de fonctionnement doit aussi être une des caractéristiques d’un Homme marketing.

Nota : Sur ce terrain d’une intégration réussie dans l’entreprise et de la gestion du temps, il est assez bon de mettre sur le réseau de l’entreprise son emploi du temps et de le communiquer largement. Chacun peut vous trouver et sait exactement ce que vous faites. C’est une pratique systématique dans certains groupes mais en PME il y a comme une opacité malsaine sur ces plannings. Si cela n’est pas déjà le cas, sollicitez le comité de direction à mettre en place en début de semaine une réunion de 30mn (debout) pour croiser les plannings des uns et des autres. Voilà un rendez vous très utile pour apprécier les priorités des acteurs clés de l’entreprise et garder le contact avec les projets en cours. Donnez-vous des objectifs à la semaine; mettez de la lisibilité dans votre action.

mercredi 26 septembre 2007

La Performance du manager Marketing en PME

C’est un sujet très compliqué que d’essayer de mesurer la performance d’un Homme marketing. En entreprise et surtout en PME, la position du marketing est assez ingrate sur ce point car elle est éloignée de la prise d’ordres et il faut une vraie intelligence aux dirigeants commerciaux pour reconnaître l’incidence des actions marketing et partager les succès commerciaux. Tout est une question d’Hommes et de culture d’entreprise…

Pour les échecs, là : pas de question à se poser. Le marketing est la bonne cible ! Dur dur, mais autant le savoir dès le départ et se préparer : Un Homme marketing est condamné à réussir. Il doit porter la performance, l’ambition de l’entreprise et avoir un effet d’entraînement sur toute l’organisation. Il doit créer une dynamique positive autour de son action sans nécessairement pouvoir raccrocher directement son action aux résultats de l’entreprise.

Je reconnais que cette position (très inconfortable) peut être paradoxalement assez grisante ; vous devenez une sorte de personnage clé de l’entreprise dont tout le monde parle… Attention tout de même au « retour de manivelle »… Il faut savoir raison garder lol

L’indicateur de performance du manager marketing ne pourrait donc se faire que sur des aspects qualitatifs et la qualité de son intervention dépendrait largement des acteurs commerciaux (Grands comptes, directeurs commerciaux, vendeurs…) au contact du CA, qui deviendraient seuls capables d’apprécier la pertinence de son intervention.

C’est bien là le piège de la fonction : le qualitatif… l’image, la communication…(le brassage d’air ?…) attention : le marketing peut aussi vite devenir le super fonctionnaire de l’entreprise ; celui qui va mettre plus de « fluidité » dans la circulation d’information, celui qui va conceptualiser les développements produit par exemple, ou celui qui organisera le cadre de réflexion stratégique, formalisera les comptes rendus de reunion … Attention : laissez çà aux champions de l’ISO !!… Ne vous trompez pas de sujet. Dites vous aussi qu’il y a toujours trop de fonctionnaires ! N’en devenez pas un de plus surtout en PME !…

Certes en PME on n’évacue pas la qualité d’intervention d’un responsable ni sa capacité à fédérer des énergies, mais l’urgence financière dans laquelle elle se trouve, nous ramène toujours à n’apprécier que 2 indicateurs auxquels on donne toute pertinence : le CA et la Marge commerciale. Alors comment faire pour apprécier la performance du manager marketing sur des critères objectifs donc mesurables?

Je vous conseille de mettre en place ces indicateurs dès votre arrivée dans l’entreprise. Soyez fermes là dessus, car beaucoup de dirigeants de pme n’ont aucune idée sur la façon d’apprecier l’action du Responsable Marketing qu’ils viennent pourtant d’embaucher.

2 choses essentielles à apprécier pour construire ces indicateurs:

- Votre position dans l’organisation (l’organigramme)

- Votre capacité à pouvoir créer ou non des synergies très fortes entre le marketing et « l’industrie » et surtout bien identifier vos marges de manœuvres sur les acteurs commerciaux.

Si votre position hiérarchique ne vous donne aucune tutelle hiérarchique sur l’équipe de vente (en PME 90% des cas) vous devrez vous contentez de vous placer sur le terrain de l’optimisation des moyens : on gère. Dans ce cas, je vous propose quelques exemples d’indicateurs de performance qui pourraient être retenus :

- Réduction des temps de développement

- Economie dans les lancements

- Optimisation du budget de communication (points supplémentaires de notoriété …)

- Economie sur le fonctionnement du service

ETC…

Rien de bien transcendant ! En fait, la majorité des structures marketing en PME sont appréciées sur des critères qui n’ont rien à voir avec la dynamique du commerce et ceci est normal dans la mesure où elles n’ont aucune tutelle sur les équipes commerciales. Le directeur marketing devient un contrôleur de gestion supplémentaire et sa logique de fonctionnement le ramène souvent, vers des réflexes de gestionnaire… de la pénurie…

En effet, comment apprécier l’incidence du marketing dans les gains de parts de marché si l’équipe commerciale n’est pas contrôlée sur les TMP (taux de mise en place) des produits ou les TP (taux de présence) par circuit (par ex.), la DN ou la DV? Comment maîtriser la marge commerciale sans pouvoir contrôler la performance du discours technique des Grands Comptes ou des vendeurs terrain ? Tout le monde le sait : « tous les produits se ressemblent!… Pourquoi ce nouveau produit serait il 20% plus cher ?… ». N’oublions pas non plus que les primes des Hommes de la vente sont motivées par des objectifs qui n’ont peut etre rien à voir avec ceux du marketing…

En PME la situation est pourtant assez récurrente de voir la performance du Responsable Marketing être apprécié sur les PdM ou l’évolution du CA alors qu’il ne maîtrise aucun levier commercial (il peut même lui arriver de ne pas maîtriser toutes les variables du Mix notamment le prix de vente.) : attention ! Vous devenez responsable de « l’effet », en ne maîtrisant même pas 50% de « la cause » !…

La position hiérarchique du Responsable marketing dans l’organisation est essentielle pour mettre tous les acteurs (vente et marketing) dans le même sens, et vous connaissez ma position sur ce point (voir post sur l’Organisation à privilégier).

Dans le schéma d’organisation que nous préconisons, la performance marketing doit certes pouvoir se mesurer sur les indicateurs précédemment cités (Temps de développement, Economie sur les lancements, Optimisation du budget de communication , Economie sur le fonctionnement du service) mais elle doit surtout faire référence aux points suivants :

- Evolution des Parts de Marché TMP TP DN DV

- Evolution du CA (analyse par circuit, par famille etc…)

- Evolution de la Marge commerciale

Nous rajouterons d’autres indicateurs qui s’attachent à la performance des produits qui n’a rien à voir avec la lecture statique de la marge ou du CA. (taux de ré-achat, CA ou Marge/cm linéaire, DN/DV, etc…). Ces indicateurs complémentaires ne doivent pas être trop nombreux. Ils reflètent la spécificité du marché étudié et ils doivent surtout être reconnus par l’entreprise et par les CLIENTS…

Pour finir sur l’indicateur qui nous semble être le plus important pour apprécier la performance marketing et par-là même la performance de l’entreprise ( nous développerons ce point dans le role de leader et d’acteur du changement du marketing) est la mesure du niveau de Satisfaction Client. Nous aimons à le répéter depuis le début du chapitre : le Client doit être mis au coeur de l’entreprise. Il est tout à fait légitime de mettre cet indicateur au plus haut dans la hiérarchie de tous ceux que nous venons de citer. La réalité en PME est tout autre et il est navrant de voir le peu de budget alloué à sa mesure. Voilà un beau chantier pour changer les choses !

Pour conclure sur ce chapitre de la mesure de la performance du manager marketing en PME, nous avons vu que le seul rôle qualitatif de son intervention ne suffira pas. Il est indispensable d’apprécier sa performance sur des critères objectifs, donc mesurables. Il devient alors essentielle de voir sa position dans l'organisation, et de valider des critères de performance auprès de son hiérarchique ( PDG ou Directeur commercial…). Critères qui soient en rapport avec son incidence réelle dans la mesure des résultats : le faire dès son arrivée dans l’entreprise (c’est peut être vital pour son devenir dans l’entreprise...). La performance du manager Marketing sera alors, de garantir la réalisation des objectifs.

lundi 24 septembre 2007

Le Manager Marketing

Comme je l’avais fait dans l’introduction de ce chapitre j’ai voulu dissocier 2 attitudes que le marketing doit incarner en pme : celle du manager et celle du leader acteur du changement. Selon l’approche anglo saxonne, le manager est celui qui fait bien les choses « he does things right » ; alors que le leader est celui qui fait la bonne chose « he does the right thing »… Essayons de mieux apprécier ce rôle de manager chez l’Homme de marketing.

Le manager Marketing

Pour définir la légitimité d’un manager, et par la même lui donner son autorité, Bernard Touchebeuf et Maurice Thevenet (Patron et 1er manager de mon entreprise), font référence à 5 ponts: son statut, son expertise, sa performance, son authenticité et enfin sa capacité de service.

Nous nous concentrerons sur 3 aspects clés qui doivent suffire pour définir le manager Marketing : son niveau d’expertise, sa force d’entraînement, sa capacité de service. Les 2 autres (statut ou authenticité) ont soit été déjà évoqués dans le chapitre du profil humain du Responsable Marketing, soit me semblent sans intérêt pour ce qui est du statut.

Attention, je ne retire rien de ce que j’ai pu énoncer dans un post précédent sur le profil humain du Directeur Marketing. Son expertise est certes intéressante et nécessaire pour son environnement managérial immédiat, mais ses compétences techniques ne sont pas suffisantes pour légitimer son rôle de dirigeant. La dimension humaine du Manager Marketing est à mon sens essentielle.

Son expertise : Le manager marketing est nécessairement un expert de son domaine et a forcément fait la démonstration de son efficacité dans ses expériences antérieures. Sur ce terrain, il m’est apparu au fil des années que 2 domaines d’expertise soient assez difficiles à réunir pour un même Homme : expertise du marketing des Biens durables et celle du marketing des Biens de grande consommation. Des expériences personnelles assez récentes n’ont fait que confirmer ma position. Si votre expertise marketing s’est faite dans les PGC il vous sera impossible d’être performant dans les marchés de biens d’équipement (ou biens durables) et vice versa. Il y a bien 2 approches marketing différentes (qui peuvent se rejoindre sur certains points).

En PME, son expertise va bien sur s’exprimer sur le terrain du commerce et de la distribution. Il lui sera d’ailleurs assez simple de faire la preuve très rapidement de sa performance en l’associant au Directeur Commercial et autres Grands Comptes dès son entrée dans l’entreprise pour qu’il enrichisse les négociations commerciales en cours. Voilà un moyen rapide et peu onéreux pour le PDG de mesurer la performance de ce nouvel entrant… Certes chaque marché a ses particularités et la fameuses sensibilité commerciale si chère aux équipes commerciales ne s’acquiert pas avec un claquement de doigt. Mais attention, trop de sensibilité commerciale n’est pas mieux et peut vite vous amener à tourner en rond vers les mêmes recettes commerciales... Non je confirme et signe, en PME le Directeur Marketing doit faire la preuve de son efficacité commerciale dès son arrivée.

Si son expertise doit d’abord s’exprimer dans le domaine commercial, elle doit aussi le faire dans le domaine du développement et celui de la stratégie d’entreprise. (Ce point sera développé dans le rôle de leader du marketing)

L’expertise marketing doit donner au dirigeant des moyens conceptuels simples d’organiser l’évolution de son entreprise. C’est bien là le problème des Hommes marketing : essayer d’être simple. Cette exigence de simplicité renforcera l’influence marketing dans l’entreprise. Traditionnellement l’Homme de marketing est plus « attendu » sur ce terrain (stratégie et Développement) que sur celui du commerce. Par conséquent, il va falloir que son discours soit d’une grande efficacité. ( il n’est pas interdit de recommander un bon livre pour remettre tout le monde à niveau ; je ne recommanderais pas le Kotler totalement inadapté pour les pme. Par contre certains Vuibert Gestion me semblent tout à fait recommandables… : le faire avec doigté…) Jack Welch (pourtant ancien patron de GE) dans son dernier bouquin (ma vie de patron) exprime bien cette attente de simplicité de la formulation stratégique.

L’expertise marketing doit surtout s’exprimer sur le coté sombre de la vie de l’entreprise doit tout particulièrement se concentrer sur la concurrence. ; Bilans, Parts de marché, stratégie produits, stratégie prix, stratégie de distribution, stratégie de communication... Vous devez tout savoir sur vos concurrents et surtout pouvoir répondre aux questions suivantes :

- Quelles positions les concurrents détiennent ils (en France et à l’étranger) ? (PdM, les réseaux de distribution privilégiés, les points forts en termes de produits etc...)

- Comment s’est modifié le paysage concurrentiel ces 2 dernières années?

- Comment a réagi l’entreprise?

- Que redouter des concurrents ces 2 prochaines années?

- Comment prendre un temps d’avance?

En fonction de cette analyse, le marketing doit poser les jalons et piloter cette réflexion stratégique dans l’entreprise et l’amener à définir rapidement ses priorités d’action.

En PME, l’expertise Marketing doit donc s’exprimer dans 2 domaines : le commercial (opérationnel direct) et le stratégique (avec une préférence pour l’opérationnel direct).

Voyons maintenant, comment le manager marketing doit exprimer sa performance et comment doit on la mesurer ?

mardi 18 septembre 2007

Patron et 1er manager de mon entreprise

Pour écrire le chapitre sur les compétences de manager et de leader que tout Homme de marketing doit démontrer, je me suis inspiré de l’excellent livre de Maurice Thévenet et Bernard Toucheboeuf « Patron et 1er manager de mon entreprise ». Si leur pari était de démystifier le sens du mot « management », il est gagné. Voilà un livre très efficace qui réunit théorie, exercices pratiques d’évaluation et témoignages de dirigeants. Je vous le conseille vivement !

Patron et 1er manager de mon entreprise

mardi 11 septembre 2007

Organisation a privilégier

Quelle pourrait être notre recommandation d'organisation pour imaginer une situation marketing plus efficace ?

Notre recommandation d’organigramme :

Organisation

Il n’y a pas de recette miracle mais certaines organisations peuvent vous donner des chances d’être plus performants.

Nota : l’organigramme qui est donné doit être perçu comme le fruit d’années d’influence marketing dans la pme. Dans le chapitre consacré aux relations que le marketing doit mettre en place avec le dirigeant, j’essaierai de voir les différentes séquences d’une intégration marketing réussie en pme. Le processus est nécessairement progressif mais il doit s’inscrire dès le départ dans ce double objectif :

- Mettre le Client au coeur de l'organisation avec l'objectif de consolider et de péréniser la relation commerciale - Ouvrir de nouveaux territoires de CA

Un organigramme est, en fait, l’expression d’une stratégie d’entreprise et il convient d’être très prudent sur cet « recommandation type ». J’exprime ici une organisation performante en termes de relation Client qui se donne toutes les chances de le mettre à terme le Client au cœur de l’entreprise.

Cet d’organigramme a le mérite de placer le marketing dans la sphère rapprochée du PDG sans tutelle hiérarchique de Directeur Commercial (que je préfèrerais voir dans un rôle de Directeur des Ventes… Quid du Directeur des ventes en place ?… Le faire évoluer vers des fonctions de Responsable merchandising…pourquoi pas ?…).

Le domaine d’intervention du marketing le place désormais dans un territoire qui lui permettra d’envisager les refontes structurelles (si nécessaire) et il aura de fait tout le poids hiérarchique dans l’opérationnel pour organiser la mise au marché des produits ou des services.

Pour rester dans la garde rapprochée du PDG, j’ai voulu y voir le Directeur financier et le Directeur Marketing et les faire travailler ensemble. C’est à leur niveau que doivent s’élaborer les différents scénarios de développement de l’entreprise : leurs analyses étant par la suite finalisées par le comité de direction à qui il reviendra de mettre en place le plan opérationnel.

Dans l’organigramme qui est donné, j’ai rattaché le service ADV (Client ) au service Marketing. Certains s’en offusqueront de voir un service opérationnel comme le service ADV (Client )(commandes et livraison SAV …) être rattaché à un service a priori loin du terrain. Le faire, ce serait oublier la dimension commerciale obligatoire du marketing en PME. Rapprocher le service client du marketing c’est ouvrir la mise en place d’une stratégie d’information et de contacts où le Client sera mis, à terme, au cœur de l’entreprise (CRM par exemple).

Ce service ADV (Client) est en fait à la croiser des flux commerciaux (montants et descendants), en contact direct des clients il peut fournir une base d’information et donc d’étude quasi intarissable pour le service marketing. Le Datamining qui peut s’en suivre peut devenir une source additive de CA très intéressante pour l’entreprise. Les banques ou les assurances (entre autres) fondent aujourd’hui en grande partie leurs approches client sur ce schéma d’organisation. Elles en tirent un moyen d’optimiser le portefeuille client existant, de le fidéliser, et surtout d’accroître la performance des nouveaux produits. Tout ceci pour un investissement ridicule au regard des profits retirés…

jeudi 6 septembre 2007

Cadre d'action du Marketing

Je fais ici un découpage un peu rapide car ces 2 notions (manager et leader) se superposent l’une à l’autre et on ne saurait reconnaître de bons managers qui ne soient leaders et vis versa. Pour la simplicité de notre propos essayons de voir le cadre de cette responsabilité managériale.

Position dans l’organisation :

Il n’y a pas schema type mais on doit reconnaître qu’il existe un modèle récurrent en PME

Organigramme

Rien de bien original; en PME vous trouvez 2 strates de responsables. La 1ere, celle du comité de Direction et la 2eme consacrée aux cadres opérationnels. Cet organigramme est d’ailleurs le fruit d’années de collaboration et autant dire que les cadres du comité de direction (hommes et femmes de confiance) sont bien souvent les cadres impliqués très tôt dans la création de l’entreprise portent toute la culture en place.

Inconvénients de cet organigramme :

Pour le sujet qui nous intéresse, celui du Resp ou Directeur Marketing (fraîchement arrivé), on voit bien que son cadre d’action ne va se concentrer que sur des actions de développement et de gestion de l’offre existante.

En clair, le marketing va proposer (des produits, des services nouveaux, des actions de requalification de l’offre existante etc…), le reste de l’organisation …disposera des ses recommandations si bon lui semble… Alors vous me direz une fois de plus nous caricaturons la réalité ; N’oublions pas que la pme est tres courte en effectif ; par conséquent tous les services participent au développement et le jour du lancement, chacun aura à cœur d’être au rendez des objectifs qu’il aura lui-même donné. OK !

Mais dans une telle organisation et apres audit de l’activité vous pouvez vous retrouver avec la mise en évidence de fonctionnements qui risquent de bloquer toute initiative créative du marketing. Le risque de friction entre le service marketing et celui des ventes a toute les chances de se produire. C’est une situation assez récurrente d’entendre les commerciaux d’une pme (ou autres…) se plaindre de ce service marketing si loin du terrain (souvent à juste titre) incapable de pouvoir répondre au besoin des clients… Les hommes de marketing deviennent de doux rêveurs accrochés à leur stat et autres panels conso. et prennent vite l’image d’intellectuels évaporés bien loin des réalités commerciales.

Ce manque de réalisme commercial souvent dénoncé par les Hommes de la vente pour parler des Hommes de marketing, n’est en fait que le fruit de l’organisation (ou de la désorganisation) de l’entreprise. C’est aussi l’expression des difficultés du Patron a imposer un nouveau schema d’organisation et remettre en question les statuts de collaborateurs en place depuis des…décennies… Pas simple en effet, pour le dirigeant de faire prendre conscience qu’à chaque temps correspond une organisation. Pas facile de faire réaliser à ce collaborateur, ami dévoué depuis des années, de revoir sa position dans la gestion nouvelle de l’entreprise… Répétons le, la PME est de fait tres courte dans ses effectif et qu’ils se tissent nécessairement des liens personnels tres forts entre les membres d’une équipe managériale.

Exercice d’équilibriste très compliqué pour le patron qui ne doit viser qu’un objectif : celui d’une nouvelle efficacité. Comment expliquer à ce brave directeur commercial (devenu commercial ET marketing…) qui a fait le succès de l’entreprise depuis des années de devoir mettre ses pas dans ceux du marketing. Comment mobiliser ses équipes sans créer à un moment donné, un sentiment de frustration ou de découragement, voire pour certains, de trahison.

N’oublions pas non plus que ce brave Directeur Commercial était lui-même au départ un vendeur performant et qu’il maintiendra nécessairement des relations privilégiées avec son groupe d’origine…

L’action marketing ne peut devenir réellement performante qu’à la condition qu’il se crée une homogénéité très forte entre les 4 acteurs : Service Client, Vente, Comptes Clés, et Marketing. (ceci est pure théorie) Nous sommes tous responsables du fonctionnement dans une entreprise mais la qualité et l’efficacité de ce groupe dépendra grandement des qualités managériales du Directeur Commercial / Marketing qui doit rester un arbitre impartial (ce qui n’est jamais le cas…).

Autre inconvénient de ce type d’organisation : Le marketing est ici cloisonné dans un rôle de développement et d’optimisation de l’offre. Il lui est presque impossible d’imaginer des refontes structurelles de l’organisation. Par exemple, comment revoir l’organisation de l’ADV pour en faire un vrai Service Client : impossible. Impossible non plus de revoir la gestion des priorités commerciales terrain ; pré carré du Directeur des ventes. Il faudra par ailleurs, beaucoup de doigté et d’infinies précautions au responsable marketing pour convaincre un compte clé de revoir son approche des Centrales d’Achat et enrichir sa recommandation…

Bref vous l’aurez compris, dans ce type d’organisation le marketing n’est en fait qu’un organe satellite de l’entreprise. N’oublions pas non plus que le marketing par absence de sensibilité commerciale ou précipitation peut faire des erreurs. Le cumul de ces 2 formes d’incompétence aura vite fait de sceller le sort du marketing le jour où les marchés seraient devenus moins porteurs.

mercredi 29 août 2007

Un homme de marketing c'est quoi?

Mais avant de répondre à cette question j’aimerais parler de l’Homme de marketing en PME. Comment faut-il l’imaginer ? Sa dimension personnelle indispensable, ses compétences, sa place dans l’organisation, etc…

Voyons tout d’abord les qualités humaines de l’homme ou de la femme marketing. Oui osons le dire n’importe qui ne peut pas être directeur marketing en PME (ou ailleurs…). Les profils marketing dans lesquels nous enferment régulièrement les recruteurs nous ramènent aux seules compétences techniques que vous êtes capable de mettre en œuvre rapidement… : « connaître parfaitement le marché ciblé, et avoir déjà rempli des fonctions équivalentes pendant 10 ans.. » Les annonces sont d’une remarquable imagination; il ne faut pas jeter la pierre aux cabinets de recrutement car, en fait, ils ne font que reproduire (souvent au mot près) la demande du client. Les compétences sont certes intéressantes mais non essentielles. J’aurais même tendance à penser qu’elles ne sont qu’accessoires. La dimension humaine de celui qui va piloter un service marketing est la donnée la plus importante. Ce devrait être le point d’entrée de tout recrutement. Nous sommes un peu caricatural car l’aspect personnel (donc humain) n’est pas évacué par les recruteurs puisqu’il sera évalué lors de l’entretien mais il n’interviendra qu’en second plan. Ce sera comme un complément d’information. Une capacité à pouvoir ou non s’intégrer rapidement dans l’organisation, rien de plus. Je regrette cet état de fait.

Osons un profil humain du Responsable Marketing :

A coté des qualités que devraient démontrer tout manager, exemplarité, rigueur et honnêteté intellectuelle (…), je vois dans l’Homme de marketing des qualités humaines bien particulières. Je le vois au départ optimiste et enthousiaste. Ces 2 qualités il les tire certes de sa compétence technique mais surtout de la confiance qu’il a en lui même. C’est un homme de conviction qui porte en lui une certitude. C’est un homme passionné qui a confiance en lui et qui donne confiance aux autres.

Attention, il ne s’agit pas de trouver en lui une capacité hors norme à raconter de belles histoires (…) une sorte de fou du roi qui fait du bien à tout le monde ! Car le marketing vient de cette ornière que les medias ont bien souvent fustigés à juste titre. Non, le marketing n’est pas celui qui « lave plus blanc que blanc » !… Surtout pas de discours ridicule de ce type en PME.

Le marketing est un état d’esprit, une sorte de souffle dans l’entreprise qui doit lui permettre de mieux respirer. Quand je dis mieux respirer, je pense à l’idée de transformer la réalité quotidienne de l’entreprise et lui donner une perspective nouvelle quelques fois inattendue pour mieux se développer et prospérer.

L’Homme de marketing est un acteur du changement avec toutes les qualités que cela suppose : une capacité d'ecoute et de communication hors norme, de l’enthousiasme, un sens du dépassement de soi, une capacité de vision et d’anticipation, de la détermination, de la simplicité et un vrai sens pédagogique et surtout de l’humilité.

Il doit émaner de lui une sympathie sincère qui doit vous amener à pouvoir le solliciter spontanément ; cette qualité lui sera très utile dans son fonctionnement. Rien ne doit lui échapper pour pouvoir conduire le changement de façon pertinente et performante. Aucun "non dits" ne doit subsister; ce qui peut paraitre évident pour certains ne l'est pas nécessairement pour le management...

Nota : cette empathie dont je viens de parler n’est pas indispensable et dépend fortement de la culture en place dans l’entreprise. Disons, que j’exprime ici une vision personnelle des relations humaines dans lesquelles j’aime me retrouver. N’oubliez pas le chapitre sur ma vision du management de demain qui devra réunir 3 qualités : Honnêteté intellectuelle, rigueur intellectuelle et plaisir… Le travail c’est la santé !! Ce doit être un plaisir d’être ensemble et de partager cette expérience qui doit propulser l’entreprise et nous permettre à tous de mieux en vivre…

L’Homme marketing est donc un Superman qui peut devenir une sorte de figure emblématique de l’entreprise. Bref vous aurez compris qu’être un Homme de marketing « n’est pas à la portée de tout le monde !… »

A coté des qualités humaines indispensables à son fonctionnement transversal dans l’organisation, un homme de marketing doit cumuler 2 compétences : - celle du manager : gestionnaire des moyens (budgétaires, humains..) - celle du leader, du stratège acteur du changement dans l’entreprise.

mardi 28 août 2007

Relations Marketing et Dirigeant PME

Bien ! Reprenons après ce break estival. Où en étions-nous ? Je vais me concentrer sur la qualité de la relation que le marketing doit entretenir avec le dirigeant.

Contrairement à ce qu’on peut imaginer ou observer sur les prises de position publics presque autoritaires de certains dirigeants n’allons pas voir en eux par le ton utilisé une maturité supérieure sur l’art de conduire les affaires. Pas du tout ! D’ailleurs, les vrais grands patrons d’entreprise sont souvent en privé pleins de doutes, très facile d’accès et affichent une grande humilité. (Les vrais grands…)

Le patron de pme est un homme seul. C’est une vérité de fait (il est en haut de la pyramide) mais c’est encore plus vrai pour les patrons de PME. Bien souvent il a créé son entreprise seul (avec peu de moyens financiers), il l’a porté souvent avec beaucoup de difficultés à une position où il vacille et hésite constamment entre 2 décisions : consolider la situation acquise et essayer d’en vivre ou poursuivre son développement. Le risque est grand en effet car à chaque saut de développement il peut tout perdre… Par ailleurs, la décision de développement est souvent hors de son libre arbitre car l’environnement économique gouverne pour lui et la notion de taille critique embarque l’entreprise dans une course sans fin.

En haut de la pyramide, lui qui a tant souhaité cette position se retrouve dans cette situation critique où tous les regards convergent vers sa décision. Il va trancher et doit tout balayer y compris ses propres interrogations et inquiétudes sur la pertinence de ses choix. Il est seul. Etre patron de PME c’est porter cette responsabilité et accepter sans faillir cette position très inconfortable. Il faut du courage pour être patron de PME : avoir une capacité de travail hors norme, être capable d’une vision pour son entreprise, savoir porter son stress sans déborder sur l’entourage, rester humble devant les incertitudes de l’avenir, savoir enthousiasmer et motiver son environnement… tout cela pour un salaire souvent ridicule.

Il faut du courage pour être chef d’entreprise ! Sortis des quelques cas de patrons décalés que j’ai pu évoquer, une très grande majorité de patrons de PME sont des femmes et des hommes que la société devraient mieux reconnaître. Combien d’artisans ou de petits entrepreneurs se battent tous les jours pour sauver les 5 ou 10 personnes de l’atelier et qui vivent comme un déchirement l’obligation de se séparer d’un collaborateur quand le marché tant espéré est raté ?

Pour les entreprises qui nous intéressent de taille moyenne (200, 300 personnes), le créateur peut encore être aux « manettes » et dans ce cas son comportement est le même que celui qui anime un patron de très petite entreprise : homme ou femme courageuse, mais terriblement seuls…

Alors il y a bien le comité de direction dont chacun des membres a été choisi avec d’infinies précautions, mais les félons sont partout et le patron de pme le sait bien… Il est seul. Quelle position le marketing doit-il avoir en pme et surtout quel type de relation doit s’instaurer avec ce dirigeant bien seul pour gouverner la destinée de son entreprise ?

Je pense que vous avez compris que ma position en PME est de donner au marketing une dimension fortement commerciale. Un marketing qui ne serait cantonné qu’à définir des opportunités de marché pour le commercial, ou développer des produits ou services nouveaux est un marketing qui n’a pas de raison d’être en PME. Le marketing en PME est plus qu’une notion opérationnelle (d’ailleurs, on parle de plus en plus de marketing de « pertinence ». Je ne vous cache pas que j’aime beaucoup.). Et la pertinence en pme ne se mesure que dans 2 indicateurs : la marge et le CA rien d’autre. Le marketing doit incarner la fonction commerciale supérieure de l’entreprise et porter la responsabilité de la marge commerciale et du CA.

D’ailleurs, la notion actuelle de direction commerciale est un archaïsme en PME. Je crois plus à la fonction de direction des ventes (qui a tendance à disparaître…). Pour les commerciaux on doit s’attacher à transmettre les best practices. Bien souvent les commerciaux fraichement arrivés dans l’entreprise sont livrés à eux même sans beaucoup d’encadrement managérial. Mon idée est de partir dans 2 directions :

- Renforcer la performance au sommet de la pyramide commerciale en ajoutant à la fonction traditionnelle d’encadrement commercial et de gestion de l’EDV et de l’ADV (service client ?…), une vraie expertise dans le développement (produits ou services), des compétences merchandising (si nécessaire) en mettant REELLEMENT le client au centre de l’entreprise

- Requalifier le rôle des responsables de secteurs ou des vendeurs au contact du terrain

En PME le marketing est l’interlocuteur de celui qui fait vivre l’entreprise : le client

Voilà plus de 20 ans, que l’on se donne ce discours rabattu par les managers de tous bords, mais qui dans les faits ne correspond à rien dans l’entreprise. « Le client est au cœur de notre stratégie »… ben voyons !…

La culture industrielle dans laquelle nous sommes nous enferme dans cette logique à mettre comme 1er objectif : saturer l’outil de production. Il y a même toute une philosophie de la rentabilité qui consiste à mettre délibérément les ateliers en sous capacité industrielle quitte à générer du mécontentement commercial (clients en fil d’attente…) Ce principe de gestion (vive le DAF !…) est très fréquent dans les Biens durables (automobile, électroménager…)

Où est le consommateur avec de telles philosophies d’entreprise ? On gagne certes beaucoup d’argent sur du court terme mais l’élargissement des marchés et l’apparition de nouveaux canaux de distribution (internet), la perte de fidélité des consommateurs, tout cela devrait nous faire réfléchir. Est il bien acceptable au 21eme siècle d’attendre 3 à 4 mois pour avoir son véhicule automobile, son lave vaisselle ?

On a bien conscience qu’il faudrait évoluer, mais comment faire ? Alors pour faire chic et dans le coup, on demande au marketing d’organiser une réflexion sur les axes stratégiques de l’entreprise… Aidé d’un brillant consultant très cher (…) on part à faire le grand écart entre la réalité des faits et le vœu pieux enfin exhaussé … « Je vous l’avais bien dit que tout part du consommateur » Pour s’en assurer on synthétisera le fruit de nos réunions dans une charte d’entreprise que l’on accrochera dans le hall d’accueil. Et voilà, c’est fait pour le consommateur ! Sujet suivant…

Le marketing est souvent chargé de ces missions suicides…et en fin de compte c’est souvent lui qui endosse cette incompétence managériale dans l’entreprise. Bien fait pour lui !

Le contexte est compliqué en PME pour les hommes et les femmes de marketing. Quelles relations doivent-ils mettre en place avec le dirigeant ?

jeudi 12 juillet 2007

Blendtec et l'iPhone

C'est l'histoire d'une societe americaine qui vend des mixeurs pour les menages americains et qui a eu l'idee de totalement revoir son marketing...

Ils ont eu l'idee d'utiliser les techniques du marketing viral sur Internet et de mettre en ligne des videos sur leur produit phare, le Total Blender. Comme vous pouvez le voir sur la photo, ce produit n'est pas le plus joli, et en plus il est assez cher : 399.95 $ qui est l'equivalent de 290 Euros.

Donc nos amis de Blendtec ont eu l'idee de mettre en scene leur produit avec leur professeur tournesol maison : Tom Dickson, et le challenge, c'est de mixer tout ce qui passe par la tete du marketing de cette societe, et les exemples sont nombreux... Cartes de credit (pour mieux faire taire votre banquier), Jouets transformers, Tuyau d'arrosage, mais aussi Soupe de poulet, Cafe moulu, etc...

Et c'est la que nous arrivons a l'iPhone et Blendtec, ils ont decide de mixer un iPhone dans leur Total Blender, et ils ont presque reussi a tout mettre en cendre, ca fait mal au coeur pour les fans de gadgets. Mais c'est une formidable publicite pour cette societe. En effet, depuis 2 jours, cette video a ete vue plus d'1 million de fois... Ah j'oubliais, ils mettent en vente sur eBay le fruit du mixage.

Ce n'est pas tout, d'apres PodTech, Blendtec etait le 3eme plus gros producteur de videos sur Youtube (en Novembre dernier), a l'epoque ils avaient eu 6 millions de visiteurs sur leur site Willitblend. Ce qui est enorme pour un site de promo d'une marque.

Pour finir, Blendtec a tout compris du marketing et du Web 2.0, ils demandent aux visiteurs de proposer les prochains "objets" a mixer dans leur mixeur ultra puissant. Evidemment ils ont aussi ouvert un blog pour recevoir le retour des fans.

Conclusion, j'attend avec impatience une marque grand public francaise pour se lancer dans ce type d'approche decalee, mais qui rencontre un grand succes aupres du public, et apporte a la marque un capital sympathie tout a fait interessant.

Avez-vous des idees pour vos marques preferees ?

mardi 19 juin 2007

Et demain ?

La stratégie est de survivre, de glisser sur le système sans faire trop de vagues et de faire durer sa situation le plus longtemps possible. Le plus longtemps possible, c’est à dire essayer de passer le cap des 50 ans sans trop de problèmes. Car n’oubliez pas que la France contrairement aux autres pays européens cultive encore le jeunisme synonyme de dynamisme d’entreprise.  Tout le monde le sait ; certains jobs sont impossibles après 40 ans. Oui après 40 ans vous êtes morts : essayez d’être commercial dans la mode ou de l’habillement après 40 ans ? Les meilleurs commerciaux en place se font sortir sans ménagement en ce moment ; vous voulez des noms ?... Il doit y avoir du  ranking là derrière…

La PME n’échappe en rien à tout ce qui vient d’être écrit. La culture du résultat et de la performance sans délai aboutissent à déstructurer le lien social. La culture du toujours « plus » avec toujours « moins » de moyens ( budgétaires ou humains) mis dans un contexte stratégique fluctuant et mou aboutissent à une pression managériale où les cadres de management intermédiaire, pris entre le marteau et l’enclume, finissent par craquer les uns après les autres. Rien d’étonnant à voir certains pousser leur mal être à des extrémités. J’ai souvent entendu qu’il ne « fallait pas avoir d’état d’âme » pour faire un bon manager. Mille excuses d’avoir eu un cerveau…

Reconnaissons aussi que le contexte managérial des PME aiment les hommes de résultat et affectionnent les vrais durs, seuls capables de les obtenir !!… Les purs, les vrais, (les tatoués) ceux qui ne se posent pas 50 questions avant d’agir. Il y a comme une virilité malsaine en entreprise. Quand je parle de virilité, je ne pense pas qu’aux hommes car certains managers femmes peuvent être pires que les hommes. Ne faisons pas de sexisme ; la perversité est un plat qui se mange froid.

Le contexte n’est pas brillant : il est révélateur du contexte social dans lequel la France barbotte depuis maintenant plus de 20 ans.  Mais les choses peuvent évoluer et la PME peut montrer la voie à suivre. Plus courte dans son effectif elle n’en est que plus réactive pour inventer de nouveaux modes manageriaux.

J’ai une foi enracinée dans l’intelligence des hommes. Je ne fais là encore aucun angélisme ( car j’ai aussi mes travers) mais je suis convaincu que l’on peut trouver de nouvelles pistes qui permettent de conjuguer, performance et exigence de résultat, respect des hommes et de renforcer leur appartenance à l’entreprise.

Mon patronyme me rapproche du monde du Rugby, sport que j’affectionne particulièrement. J’aurais adoré être un n°9…    Mon célèbre homonyme avait le n°10… La parabole est un peu simpliste mais je suis convaincu que l’entreprise ira vers ces modes d’organisation. Exigence, Performance, Solidarité et culture du groupe plutôt que reconnaissance d’un leader me semblent les valeurs de demain. Bouvard et Heuzé parlent pour leur compte de conjuguer « travail et amitié »… et pourquoi pas ?. Osons cette dernière naïveté. Pour la mettre en place je ne vois qu’une seule voie à prendre pour les managers : celle de le sincérité, de la vérité et de l’exemplarité.

Honnêteté et rigueur intellectuelles seront les 2 piliers du management de demain. Osons la simplicité. Elle est souvent gage d’efficacité. A ces 2 piliers je rajouterais un 3eme : celui du plaisir. Le travail n'est pas pas une torture, et l'entreprise un lieu de contraintes; Travailler ensemble doit devenir un plaisir où chacun doit pouvoir s'epanouir. Dans mes différentes expériences d’encadrement j’aimais dire : que « pour pouvoir faire de belles choses il fallait bien se marrer !… » Alors, sans mettre en place de management par le rire (quoi que…), osons au moins celui qui réhabilite le plaisir de partager ensemble une expérience commune.

samedi 16 juin 2007

Google Adwords

Google Adwords est LE moyen pour faire connaitre un site web, un nouveau produit, un nouveau service a un tarif defini par l'annonceur, c'est-a-dire vous et moi.

Il est assez simple a utiliser, et permet en quelques clics d'obtenir presque instantanement des visites sur votre site web.

Je vais vous detailler la creation d'une campagne en quelques copies d'ecrans.

Creation d'une campagne avec un ciblage par mots cles (n'oubliez pas de cliquer sur les images pour les voir en taille reelle):




C'est la partie la plus simple, il faut donner un nom a la campagne et au groupe d'annonce, puis cibler la langue des utilisateurs, et enfin utiliser le critere geographique comme dernier ciblage.




Nous avons choisi un critere fin geographique, donc nous choisissons la ville et le rayon autour du centre de Grenoble (mais vous pouvez cibler un departement, une region, ou meme la France entiere), dans notre cas( un magasin de cuisines) cela correspond vraiment a la zone de chalandise du magasin.




Nous arrivons a l'etape la plus cruciale de la creation de l'annonce, son texte... Et attention, les criteres sont stricts, que ce soit en nombre de caracteres que dans la validation de votre annonce, Google va analyser votre texte afin d'etre sur que vous respectez les conditions d'utilisation du service. N'oubliez pas de reprendre dans votre texte d'annonce les mots cles que vous allez ensuite cibler. Vous devez etre accrocheur, et aussi dans notre cas avoir une dimension geographique afin que les internautes comprennent tout de suite que c'est un commercant local qui desire presenter ses cuisines et non pas un chaine de magasins nationaux. L'URL de destination peut etre personnalisee, car vous pouvez mettre en place sur votre site Internet une "landing page" specifique pour les internautes qui cliquent sur votre publicite Google, ainsi le message de votre page d'accueil speciale Google peut coller a votre annonce, en reprenant la geographie (magasin a Grenoble), les cuisines italiennes, etc...






Maintenant vous devez choisir les mot cles qui vont permettre de cibler les internautes qui vont ensuite visiter votre site. Dans notre cas, c'est assez simple, nous mettons "cuisine" et "meuble cuisine". Vous avez aussi un generateur de mots-cles qui peut etre utile pour trouver des synonymes interessants et d'autres termes de votre domaine.




On arrive au budget, phase importante !!! Vous definissez votre budget quotidien (evidemment pour obtenir votre budget mensuel vous multipliez par 30). Mais surtout vous definissez le tarif de votre enchere et la vous allez avoir besoin de cliquer sur "Afficher l'outil de prevision de trafic" pour voir quelle est votre "concurrence" sur les mot cles choisis et aussi la competition en terme d'encheres.
Ainsi vous saurez quelle est l'enchere minimum, dans mon cas c'est 0,04 € ce qui est tres abordable, j'ai vu recemment un mot cle a 3 € minimum !!! Il suffit de jouer avec les encheres pour obtenir le meilleur rapport qualite-prix :





Dans mon cas pour etre dans les 3 premieres positions il me faut monter a 0,11 €. Mais il faut savoir que normalement les encheres seront au final un peu inferieures, car l'enchere minimum etait de 0,04 €, nous le verrons dans le prochain post ou je parlerai de l'apres creation de campagne.




Vous n'avez plus qu'a verifier votre campagne et a l'enregistrer.

(desole pour les accents, je n'ai qu'un clavier anglais sous la main) La suite de Google Adwords dans quelques jours...

mercredi 13 juin 2007

Contexte social de la PME

Me revoilà apres quelques jours de break. J’en ai profité pour relire ma prose et je reconnais avoir eu quelques aigreurs d’estomac… « M’enfin » comme dirait Gaston Lagaffe le plus important est peut etre ailleurs. Alors, aux derniers masochistes de ce blog, je n’ai qu’un mot à dire :

« Accrochez vous ! » Je continue…

On en était au chapitre que je pensais consacrer aux relations entre le dirigeant et son service marketing : quel mode de fonctionnement peuvent ils mettre en place pour établir une relation pérenne ? En clair comment le marketing en PME peut il résister aux aléas économiques et être considéré comme un acteur clé de la vie ou de la survie de l’entreprise.

Je structurerai bien ce chapitre de la manière suivante :

- Quel est le contexte social de la PME ? Attention il s’agit ici de vous faire partager mon expérience professionnelle et en aucun cas je ne souhaite énoncer de principes génériques sur les modes managériaux de la PME.

- La position du dirigeant en PME. Qui est il, son fonctionnement, ses priorités, sa vision, ses doutes…

- Enfin quelles relations l’homme de marketing doit construire avec le dirigeant

Si on s’attarde 10 mn sur le contexte social de la PME, on va necessairement rejoindre les réflexions que l’on observe sur le contexte general des entreprises quelle que soit leur taille…

Il est assez sombre et force est de reconnaître que là encore il y a certainement beaucoup à faire... Il y a un vrai malaise managerial depuis 15/ 20 ans dans nos entreprises. Pour s’en convaincre il suffit de passer dans les rayons de votre libraire et vous verrez foisonner une littérature au titre racoleurs qui n’existait pas il y a 2 ans : « profession salaud », « les illusions du management », « Guide d’action pour lutter contre les abus de pouvoir… »…

Bref, le moins que l’on puisse faire est donc de parler du vrai mal être des cadres (et des autres) en entreprise. Et si vous faites référence à l’actualité des derniers suicides, ou des derniers commentaires des médecins en entreprise vous pouvez légitimement vous interroger. Que se passe t il en entreprise ?

C’est un vrai sujet tabou que d’essayer de comprendre et de faire le lien entre la pression managériale et la mort d’un individu… Comment relier la cause et l’effet ?… Ne s’agit il pas d’individus fragiles perturbés par des contraintes multiples où le privé et le professionnel se mêlent… C’est certainement vrai, car un homme au travail (ou une femme), c’est au départ un homme ! Belle vérité de Lapalisse. Un homme avec son intelligence, sa sensibilité, sa santé et ses limites… Alors comment essayer d’y voir plus clair ? Comment des hommes peuvent ils etre poussés à de telles extrémités et pourquoi ce vrai malaise managerial en entreprise?

Je crois que le malaise des entreprises vient de multiples causes mais je ne m’attarderais que sur l’une d’entre elles qui me semble etre essentielles : celle de l’appropriation du Moi de l’individu. Désormais on n’attend plus de vous une compétence, une qualification propre à construire un bien commun. On veut une implication presque fusionnelle entre votre identité et votre performance au travail. La ligne « blanche » est franchie. Carlos Ghosn n’hesite même plus (24 leçons de management Maxima Laurent du Mesnil). Selon lui « il ne s’agit pas de travailler 10h, de rentrer chez soi et de tout oublier, mais de vivre un rapport continu avec son affaire, en restant émotionnellement et intellectuellement impliqué à chaque instant »… Avec çà si je vous rajoute un peu de mobbing pour corser votre management, on peut tout craindre, y compris les actes les plus fous… Le management a dépassé les bornes : il s’est invité dans votre intimité. La notion de capacité ou d’incapacité à certaines missions renvoie automatiquement à ce que vous avez de plus intime : votre identité.

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