Consultant MarKeTinG

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jeudi 24 mai 2007

Marketing Online et Google

J'ai été invite par Guy pour écrire sur un domaine que je connais depuis un bon moment, le marketing sur Internet, marketing interactif, ou encore marketing online, etc...

Quoi de plus naturel que de commencer par parler de Google... En effet, Google et ses nombreux outils est un très bon compagnon du marketeur online.

Citons-en quelques uns que j'utilise régulièrement:

       - Google Adwords
       - Google Analytics
       - Google Adsense
       - Google Trends
       - Google for Webmasters
       - Google Checkout
       - Google Actualités

Je vais développer dans les prochains posts chacun d'eux et à quoi ils me servent.

Et vous, qu'utilisez-vous comme outils pour gérer votre marketing sur Internet ? Utilisez-vous d'autres applications de Google ?

mercredi 23 mai 2007

Distribution: L'analyse des linéaires

Ancien pilote de chasse reconverti dans l'arthmétique du linéaire apres un parcours dans un grand groupe, Olivier Bach a créé la société CMI (Centre Marketing Informatique) dont j'ai largement utilisé les etudes lors de mon passage dans l'electroménager. Un petit bouquin (130p) comme je les aime; c'est une boite à outils extraordinaire pour analyser la performance de vos produits en linéaire. Ce livre est tout sauf un livre de chevet : aucune chance de vous endormir avant la dernière page...

distribution.gif

lundi 21 mai 2007

Le marketing devenu à forte sensibilité commerciale a-t-il perdu son âme ?

On pourrait le craindre si, à travers les lignes que je viens d’écrire, on ne voit dans le marketing qu’une compétence arc bouté sur l’Ultra court n’ayant pour objet que de répondre au besoin commercial immédiat. Il est vrai que dans ces conditions, on perd rapidement toute capacité d’innovation et on compromet la performance commerciale future de l’entreprise.

Non ne tombons pas dans l’inflation commerciale et l’obsession du CA sans délai pourtant si chère en PME. Là encore il faut trouver ce juste équilibre entre action commerciale et réflexion… (Vaste sujet philosophique…)

Il faut un marketing à très forte sensibilité commerciale. Un marketing au cœur du commerce à coté des acteurs que peuvent être les directeurs commerciaux, les directeurs des ventes les comptes clés ou les responsables de secteurs (EDV). Surtout pas de marketing spectateur du commerce qui ne ferait qu’analyser ou enregistrer des résultats produits et commerciaux. Il faut être dans le rythme du commerce. Il faut un marketing qui « se mouille » et qui montre comment faire…Il a un rôle pédagogique et tactique pour déclencher du CA à court terme et répondre à l’exigence de la PME. Le marketing doit être en PME, un acteur du Chiffres d’Affaires.

Si vous suivez cette conversation, et pour coller encore plus prêt aux réalités économiques de la PME (exigence de CA et de rentabilité à très court terme), je donnerai au marketing en PME un autre objectif : celui de générer lui même sa propre rentabilité. En clair, le marketing doit rentrer du CA dans l’entreprise et autofinancer lui même son coût structurel par des actions de vente directe auprès de professionnels ou particuliers demandeurs de son expertise. Cette idée, je la développerai dans un chapitre consacré à l’évolution de l’organisation commerciale de la PME. J’insisterai sur le rôle commercial essentiel du marketing pour embarquer dans cet objectif d’autofinancement l’ensemble des services de l’entreprise. Je pense l’appeler : CRM 2.0...

Fort de cette expérience terrain et de ce pragmatisme commercial qu’il aura su démontrer concrètement et riche de la masse d’information mise à sa disposition, il faut, pour la direction commerciale comme pour la direction générale de l’entreprise, un marketing qui incarne réactivité et capacité à se projeter pour élaborer des plans. Je sais qu’il n’y a aucune solution clé en mains mais j’arbitrerai bien le temps de travail du Directeur Marketing la manière suivante :

- 60% Terrain (préparation des dossiers de référencement, négo en centrales, visite des magasins leaders, analyse du ca et plan d’actions pour corriger les dérives… Bref actions court terme sur le CA

- 40% Développement (Produits et Services nouveaux) reporting DG, Plans … pour les projets à 3 ans max

La position originale du marketing dans l’organisation doit l’amener à être le consultant interne privilégié de toute l‘action commerciale et incarner la fonction commerciale supérieure de l’entreprise. Depuis longtemps, la prise de conscience de cette fusion nécessaire entre commercial et marketing a amené les recruteurs à rechercher des compétences mixées. Pour cette raison on retrouve très souvent en PME des directeurs (ou directrices) commercial / marketing.. La volonté est affichée mais les compétences sont elles là ? Mon parcours professionnel m’a fait la preuve du contraire systématiquement. Un bon directeur commercial devient très rarement un bon directeur marketing et vis versa… Alors que faut-il faire ?

Il faut du courage managérial et un peu de vision stratégique : un vrai patron d’entreprise…

Nous avons vu que sans rien perdre de ses prérogatives sur le marché, le marketing en PME sort renforcé de son implication commerciale. J’aimerais que ce qui vient d’être écrit amène vos commentaires. Partagez vous mon approche ?

D’ailleurs avant de passer au chapitre que je pensais consacrer aux « relations entre le dirigeant et son service marketing », j’aurais aimé que vous me donniez l’action commerciale à recommander à mon chef d’entreprise qui commercialisait des pistolets à air comprimé… Alors il fait quoi mon compte clé ? le titre du billet était (Avantages d'une cellule étude multi compétences 2/2)

A bientôt

mercredi 16 mai 2007

Marketing = Fonction commerciale supérieure de l'Entreprise

Faire des hommes du marketing de supers commerciaux de l’entreprise : oui.

Le marketing risque t il d’y perdre son âme ?

A mon sens pas du tout et au contraire. J’y vois plusieurs avantages :

- En PME il y a traditionnellement une fusion entre le marketing de distribution et le marketing de développement (produit…) : c’est une très bonne chose. Le dirigeant de PME parle d’ailleurs de Marketing sans trop savoir exactement de quoi il en retourne. Si les choses n’ont pas été précisées à la prise de poste, je vous conseille fortement de le faire. Le développement produits, la définition du package de lancement, ainsi que l’analyse des performances produits et des performances commerciales doivent venir du marketing. L’avantage est évident. Proche du terrain et des distributeurs (Centrales ou magasins) les corrections au lancement deviennent quasi immédiates.

- Proche des négociations en Centrales d’achat, vos solutions intègrent immédiatement les contraintes du distributeur. Cet aspect est essentiel notamment pour tous les pb liés au merchandising qui est de plus encadré dans la grande distribution. Cette position vous permet aussi de bien apprécier les critères de performances linéaires mis en place par le distributeur. Attention la performance d’un produit n’est pas uniquement son CA ou sa Marge. La performance linéaire est un aspect essentiel. Sur ce point je voudrais vous recommander un excellent petit livre (rédiger par un ancien pilote de chasse…reconverti dans l’arithmétique du linéaire…). Ce bouquin est extraordinaire.

Je prends 5 mn pour développer ce point qui me semble très important. Comment apprécier la performance en linéaire d’un produit sans disposer de panel. Bon nombre de marché des Biens durables (B to C) ne disposent pas de panels de consommation comme on en trouve pour les produits de grande consommation. Il faut, par ailleurs, reconnaître le cout exorbitant de ces panels pour une PME. Alors comment faire pour avoir une information régulière sur la performance de vos produits en linéaire?

Les ERP dont nous disposons aujourd’hui dans les entreprises sont des mannes d’informations extraordinaires. A partir d’une seule donnée interne et sans remontée commerciale (EDV) vous avez les moyens de construire des indicateurs grossiers mais suffisamment performants pour avoir une image réaliste des performances de vos produits en linéaire… (soyons malins…).

A partir d’un magasin test, vous devez obtenir la rotation moyenne de votre produit. Ensuite tout devient un jeu d’enfant en observant le réassort ou pas du magasin. Il vous suffit ensuite de bien analyser vos taux de présence et taux de mise en place (attention c’est différent) et c’est gagné. La performance produit devient très facile à analyser quant à la performance magasin il vous suffit de croiser la surface du magasin (très facile à obtenir) ou mieux les mètres linéaires développés de la famille pour avoir une image réaliste de la performance du magasin.

Il est clair que vs n’aurez pas la performance des produits concurrents mais c’est déjà une indication très importante pour comprendre l’évolution du linéaire ou le cas échéant le déréférencement d’un produit.

A plusieurs occasions j’ai pu utiliser ces indicateurs « maisons » qui ce sont révélés très fiables pour avoir un éclairage objectif des décisions prises par certains acheteurs de la grande distribution. Ces indicateurs se sont révélés aussi très intéressants pour piloter l’action des commerciaux (EDV) qui corrigeaient la performance de vente de certaines références (par des actions promotionnelles locales par exemple) pour maintenir le curseur au dessus de la position critique et garantir ainsi notre référencement national…

- Mieux informé, vous intégrerez dans vos développements futurs les aspects stratégiques propres à chaque distributeur. Vous accroissez ainsi les chances de référencement du Compte Clé.

- Proche du terrain, vous vous placez dans une situation privilégiée pour concevoir des offres tactiques pour corriger des dérives ou bloquer un concurrent par exemple.

- Imprégné de votre marché, vous allez acquérir cette fameuse « sensibilité commerciale » (…) et vous devenez l’équipier indispensable du commercial qui ne vous ressent plus comme un censeur de son activité mais comme un personnage qui construit avec lui sa performance future.

- Autre avantage est de pouvoir identifier des magasins pilotes qui vous serviront pour des tests futurs. La qualité de la relation que vous pourrez bâtir avec le directeur du magasin par exemple, peut vous permettre de gagner énormément de temps…

Je reconnais que pour les grosses structures il sera plus complexe de mettre en place ce dispositif. Notamment quand le poids de l’export devient important dans le CA. Il convient alors de dissocier un Marketing de développement dans le pays d’origine (maison) et un Marketing de distribution délocalisé dans chaque pays. Mais là encore, il faudrait que le lien hiérarchique entre le marketing de distribution (filiale) et le marketing de Développement soit direct. Ce marketing de distribution n’ayant qu’un lien fonctionnel avec la Direction Générale locale du pays (filiale). Cette dépendance hiérarchique n’enfermerait pas le Responsable marketing dans une seule logique commerciale qui peut être dramatique pour l’entreprise. A trop enfermer le marketing dans le très court terme on finit par courir après les concurrents. Le seul argument devient le prix et uniquement le prix…

Contrairement à l’observation que l’on fait sur les biens durables et leur standardisation quelques soit le pays, les hommes de marketing doivent retrouver ce leadership créatif par pays. L’individualisation des produits et des services est une tendance lourde pour les décennies qui viennent. C’est une erreur stratégique que de croire qu’un seul produit répondra à toutes les attentes du marché. Force est pourtant de constater que pour les biens durables le poids de l’industrie est encore déterminant.

Il faut que de nouvelles organisations voient le jour pour garantir ce besoin de diversité de l’Offre et les impératifs industriels de rentabilité.

lundi 14 mai 2007

Marketing en PME : Acteur du CA

Je vais vous laisser réfléchir quelques temps, mais cet exemple laisse déjà entrevoir le rôle tactique dans lequel le marketing en PME doit se poser. Il faut des résultats rapides et mesurables objectivement très rapidement. C’est un aspect sur lequel, je reviendrai dans un chapitre futur. L’arbitrage Stratégique / Tactique est vite fait en PME. D’ailleurs, j’ai souvent eu le sentiment que l’approche stratégique en PME était une sorte d’histoire que l’on se racontait entre cadres une fois les événements passés… En PME il y a peu de place pour la stratégie. Il faut du résultat très vite, être ultra réactif. Dans le chapitre dans lequel nous aborderons les relations du dirigeant d’entreprise avec son service marketing, nous essaierons de positionner le rôle du marketing dans cette dynamique de l’ultra court terme et nous essayerons de définir, entre autres, les éléments de reporting qui correspondent.

L’exemple dont j’ai parlé plus haut est tout à fait révélateur des situations qui se présentent régulièrement au Directeur marketing d’une PME. Le recul est presque impossible à prendre et vous devez touchez juste et vite. Vous avez un mois pour élaborer un plan d’action, le soutenir en réunion et le mettre en œuvre la semaine suivante. Une sorte de jeu d’escrime où toute la structure commerciale (et la Direction Générale…) vous observe et ne manque pas de vous censurer le jour où ça ne marche pas… Mais quand ça marche !… Attention tout de même à enregistrer très vite plus de réussites que d’échecs… n’oubliez pas que nous sommes en PME…

La position originale du marketing en PME doit traduire la dimension commerciale supérieure de l’entreprise. Nous avons vu dans un chapitre précédent la nécessité d‘élargir les cercles de réflexion en y intégrant des personnels traditionnellement exclus, mais à haut niveau d’expertise. De tels groupes peuvent être mis en place pour d’autres sujets que celui évoqué précédemment : la logistique, la mise en place de SIM, le merchandising, la communication… Sur ce dernier point, je me souviens de cercles créatifs que nous avions mis en place pour la recherche de noms de gamme… (pas si simple…). Nous y avions intégré des ingénieurs. Le résultat était tout aussi étonnant. Avec une telle approche nous posons le futur de l’entreprise, mais qu’en est il du CA de tous les jours ? Encore un fois, le marketing doit traduire la dimension supérieure du commerce de l’entreprise. Voilà un autre bel objectif et une autre grande ambition…

Les hommes de marketing en PME ne doivent jamais apparaître comme de supers fonctionnaires de l’entreprise. Attention aux fonctionnaires du privé !!…Ca existe et ça coute cher…S’ils existent, ils doivent aider au fonctionnement mais en PME il en faut très peu. Leur poids doit d’ailleurs diminuer dans les années qui viennent et si vous allez au bout de mon exposé, je vous proposerai peut être de les supprimer tous… C’est tout à fait possible ! Quand je parle de fonctionnaires du privé^, je pense à tous ces services qui sont éloignés de l’activité commerciale directe, et qui vivent grâce à elle. N’allez pas me faire dire ce que je ne dis pas. A savoir qu’il n’existe qu’un seul service digne d’intérêt (le commercial) et que tous les autres (Personnel Financier Marketing Production…) ne sont que des « services saprophytes » de l’entreprise. Chacun est bien dépendant d’une chaine et le commerce ne peut se faire correctement sans l’intervention de chaque maillon. Mais depuis des années, je réfléchis à cette idée de faire éclater la relation commerciale à tous les services de l’entreprise pour les mettre en rapport direct avec le chiffre d’affaires. Nous en parlerons plus loin. Peut être avez vous déjà des références d’ouvrages qui aient débattu de ce sujet ?

Non, surtout pas de fonctionnaires marketing en PME même fussent ils supers. Mais un marketing très proche du commerce et du chiffre d’affaires : oui.

jeudi 10 mai 2007

Avantages d'une cellule étude multi compétences 2/2

La grosse artillerie médiatique est hors de portée de la PME. Et le vrai bon conseil qu’on puisse lui donner est de ne jamais y céder. Oubliez investissement télé, presse Grand Public, … Soyez malins ! Faites vos signes différemment.

Intégrer la chaine de valeur dans laquelle l’Offre se placera est un aspect essentiel de l’action marketing en PME mais quelques fois cela ne suffit pas.

J’ai souvenir d’un collègue (ex Grand Compte) qui était devenu la tête de pont d’une entreprise anglaise spécialisée dans les pistolets à air comprimé et autres pulvérisateurs (peinture et autres…). Cette société comptait à terme ouvrir une filiale en France. (chose qu’elle a faite depuis…)

Le « plus produit » développé était là encore assez complexe à exprimer simplement aux consommateurs. (nous sommes toujours dans une approche B to C)

Budget communication : très faible Avantage produit : significatif mais peu lisible au consommateur Positionnement prix : moyen de gamme Notoriété de la Marque : nulle

L’approche classique a d’abord été utilisée : Amélioration du design et du packaging, publicité dans la presse, un prix agressif… Un dossier fut défendu en Centrales GSB ; Certaines jouèrent le jeu en entrouvrant la porte de leurs magasins (sans conviction) et ceci permit les premiers tests de marché en dimension réelle… Résultat : ECHEC

La concurrence est très dure sur ce marché et le 1er entrant est systématiquement laminé par la marque leader en place…

Alors on fait comment ?

J’aimerais que cette question ouvre un échange sur vos approches marketing en PME. Quelles solutions proposez-vous à mon chef d’entreprise ? Un détail qui a son importance : ce produit a fait un « carton » ; en clair il a mobilisé 4 mois d’activité non stop de l’entreprise pour le fabriquer (en Angleterre) et essayer de répondre à la demande des consommateurs…

Alors vous faites comment ? Si vous avez besoin d’infos complémentaires n’hésitez pas.

Avantages d'une cellule étude multi compétences 1/2

L’expérience vécue avec cette cellule d’étude multi compétences met en évidence un aspect important du marketing en PME : son obligatoire multi polarités. On parle souvent de fonction transversale mais c’est plus que ca et toute sa complexité. Le marketing mis en œuvre en PME est une fonction managériale essentielle dont l’influence doit embarquer toute les fonctions de l’entreprise sans pour autant les gouverner…

Résultat de notre cellule étude multi compétences : A la fin des 3 mois d’avant projet, nous disposions d’une information si riche que l’ensemble du plan produit était couvert pour 6 ans.

Les avantages de la formule :

- Contrairement à ce que l’on pouvait imaginer le marketing en PME n’y perd pas son âme car sa relation au consommateur final est toujours essentielle. Certes le levier « communication » est beaucoup plus modeste mais l’approche des groupes leaders suffit largement à donner une image fiable de la performance future d’un projet.

- Le fait d’impliquer toutes les structures de l’entreprise contribue largement à démystifier le rôle des hommes de marketing. Tout devient lisible et chacun contribue à la validation d’un projet sur des bases documentées par le groupe. Il ne s’agit pas d’établir un consensus médiocre mais bien « d’emmener » l’intégralité du groupe dans une dynamique qui projette l’activité future de l’entreprise…

- La richesse de l’information est incontestable et elle ne donne pas seulement une vision statistique du problème à régler à un moment donné mais annonce de façon dynamique les axes de réflexions futures.

- La qualité d’étude est largement validée par les interlocuteurs

- Le cout est quasiment nul (hors les études conso réduites pour leur part à la portion congrue)

L’approche des groupes leaders révèle le positionnement original dans lequel le marketing en PME doit se positionner. Il ne s’agit plus d’engager avec le consommateur une relation directe frontale mais de s’inscrire dans un processus qui à terme le concernera. Mon raisonnement a souvent été de considérer le rôle du marketing en PME comme un apporteur de compétences dans une chaine de valeurs qui lui échappent. Si vous validez cette approche on peut dès lors considérer que nous sommes dans une approche industrielle du marketing qui vs soyez dans une logique B to B ou B to C.

La relation que peut entretenir la PME avec la Grande distribution est assez éloquente. Comment considérer son rôle hors de cet angle industriel. La PME ne peut se placer que comme une composante de la chaine de valeur du distributeur qui aura lui seul le contact avec le consommateur final. Certes quelques actions de communication Grand Public peuvent l’aider à construire des signes sur la Marque ou sur le produit mais à aucun moment la PME n’aura la force de frappe nécessaire pour créer les signes suffisants d’une demande du consommateur à moins que…. Vous soyez plus malins que les autres…

La suite très bientôt...

jeudi 3 mai 2007

Marketing industriel

La collection Vuibert Gestion est une manne de connaissance dans laquelle j'ai souvent puisé. Le bouquin de Dayan (docteur en gestion) est un ouvrage de référence qui pose à la fois les concepts de base à maitriser mais qui se place délibérement dans une perspective opérationnelle. Un bouquin vers lequel je reviens très régulièrement.

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vendredi 27 avril 2007

Le Marketing à la japonaise : Philosophie et pratique

Un bouquin un peu "philosophique" (comme tout bouquin d'universitaire...) d'ailleurs les auteurs le sous titre ainsi... "philosophie et pratique" Pour la pratique ils dégagent des concepts intéressants sur les approches japonaises du marketing qui amènent un éclairage nouveau sur nos approches de marchés . Le chapitre 2 consacré au positionnement concurrentiel d'un projet est particulièrement intéressant.

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mardi 24 avril 2007

Les séquences d'une étude Biens durables (BtoC) environnement PME (2/2)

Mais cet avantage concurrentiel est quelques fois très difficile à exprimer au consommateur (attention : acheteur final) J’ai souvenir d’un lancement produit qui avait basé son avantage concurrentiel sur un plus technique très difficile à exprimer au Grand Public. Cette innovation technique permettait des économies d’énergie très significative et un usage du produit beaucoup plus performant. Le prix du produit le plaçait dans un milieu de gamme +. On aurait pu parler d’un positionnement 3eme quartile… Alors, comment faire pour imposer ce produit au consommateur et le placer sur son avantage concurrentiel très vite? Une bonne analyse de la chaine de décision a permis de donner une lecture de cet avantage au Grand Public par des moyens merchandising très originaux et surtout « d’emballer » la distribution par un effet média inattendu… (Canal+)

La progression a été tellement forte que GFK (à l’époque paneliste du secteur) pensait avoir fait une erreur dans ses remontées de stat… Nos résultats étaient en fait supérieurs à ceux estimés par GFK…

Cout de ce lancement ? Presque rien ! A l’époque environ 30 K€ (il y a 12 ans…) et ma prime personnelle ne le répétez pas… (trop modeste ;-))

lundi 23 avril 2007

Les séquences d'une étude Biens durables (BtoC) environnement PME (1/2)

En environnement PME l’input d’innovation doit venir de l’interne et doit surtout s’appuyer sur les services Recherches et Développements (ex Bureau d’Etude). Le tout consommateur n’existe pas en PME. Le consommateur ne va venir qu’à la fin du processus de développement.

Le marketing est certes à l’origine des projets mais il doit le faire en parfaite symbiose avec tous les autres services et plus particulièrement avec le service Développement. C’est un équilibre particulier où le Marketing doit composer avec un outil de production nécessairement limité et rigide dans son évolution mais avec lequel il faudra ou pas composer…

Mais revenons à notre cellule d’étude. Les questionnaires ont été administrés presque dans les délais... Je dis presque car c’est bien là une des difficultés de ce processus multi compétences. Il faut prévoir un délai d’administration nécessairement rallongé. Comment allons-nous exploiter nos remontées d’info et donner une perspective à notre projet ?

On est dans un processus d’étude B to B On peut s’inspirer de François Blanc dans un de ses livres (marketing Industriel Vuibert 1988) exprime assez bien le processus mis en place. Le processus de remontées des infos se fait par paliers successifs :

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- Pour chaque interlocuteur nous faisons la liste des facteurs clés de succès en les pondérant du poids de l’acteur (on construit une sorte d’indice de likert… pour les amateurs d’indice…) Analyse (Opportunités / Menaces) Chaque projet et chaque composante est ensuite notée en tenant toujours compte du poids de l’acteur dans la chaine. Je vous rappelle que le poids de l’acteur a été défini et validé par le groupe d’étude.

- Les arguments sont ensuite regroupés par famille. On est très proche d’un processus développé dans la méthodologie Kaisen.

- Pour chaque projet on élabore un profil type et on le compare au profil recherché au départ de l’étude par le groupe (objectifs de l’étude)

- Il faut ensuite travailler sur les relations entre les acteurs et commencer à imaginer 1 scénario de lancement

- Définition précise des produits concurrents cibles

- Enfin Il faut donner l’avantage concurrentiel du projet. Cet avantage doit être fort et lisible... ; Je dis lisible car en environnement PME il vous ai impossible de vous battre sur l’avantage immatériel d’un projet. Les moyens budgétaires de lancement sont beaucoup trop faibles pour imprimer aux consommateurs une quelconque plus-value subjective… Cet avantage concurrentiel doit être par ailleurs, unique. Je suis contre l’idée du produit au meilleur rapport qualité/prix… Ca veut tout dire et rien dire… La cellule d’étude doit travailler à rechercher cet avantage concurrentiel qui n’est pas nécessairement celui que l’entreprise avait imaginé au départ.

La suite très bientôt...

jeudi 19 avril 2007

Pilotage d'une cellule etude "multi compétences"

Les principales difficultés auxquelles le CP va etre confronté dans l’animation d’une telle cellule etude :

- Le fait de diversifier les composantes de la cellule vous allez vous heurter à des cultures très différentes qu’il faudra faire cohabiter. En clair on ne parle pas à un ingénieur développement comme on parle à un commercial…

- La difficulté principale viendra, par ailleurs, du fait que chacun a tendance à considérer son domaine comme essentiel au succès d’un projet et chacun pense sincèrement détenir la clé du problème. Il ne faut créer aucune frustration. Les conflits inter services existaient avant votre arrivée, il est inutile d’en créer de supplémentaires… Vos décisions doivent s’appuyer sur des informations objectives et sur un poids des facteurs validés par tous.

- Vous rajoutez une tache supplémentaire à des personnes qui étaient déjà « surbookées » et qui n’ont pas toujours la disponibilité souhaitée. ( nous sommes en PME… les effectifs sont très courts). Mais le problème vient aussi du cadre dans lequel est administré le questionnaire. En Centrale d’Achat par exemple les comptes clés disposent d’un temps d’entretien limité. Venir ajouter à leur négociation un volet étude risque de la perturber . Il va falloir faire prendre conscience au compte Clé qu’il est toujours dans un acte de vente et le mettre dans une logique de futurs référencements. Tout ceci en lui faisant bien intégré que le projet ne sera jamais un « copier/coller » de la demande du client. Le Chef de produits peut aussi accompagner le Compte Clé en Centrale (je vous le conseille fortement). On commence déjà à entrevoir la dimension commerciale dans laquelle le service marketing doit se positionner dans une PME. Nous développerons plus loin ce point très important de l’action marketing.

- Enfin , il y a un mot que je déteste : le consensus. Gardez vous du consensus nécessairement mou !… Le consommateur est tout sauf mou… Il faut conditionner son groupe dès le départ dans une dynamique (il faut du charisme à l’animateur (souvent Chef de produits)). Attention, il ne s’agit pas de faire le projet du Chef de produits ou du Directeur marketing mais bien d’orienter le groupe dans un dynamique d’innovation et de prise de risques contrôlés par le groupe.

Et le consommateur ? Où est il ? Nous sommes tous des consommateurs potentiels. Que vous soyez Chef de rayon ou Chef de Produits (acheteurs) dans la distribution, journaliste, architecte (etc..) nous sommes tous des acheteurs en puissance.

Le consommateurs sera traité au milieu et en fin de course. A la 1ere synthèse, le consommateur (dont le poids est pondéré comme les autres acteurs) ne va donner qu’un avis générique sur le projet ; peut etre pouvons nous lui demander d’exprimer les performances attendues du projet mais n’essayons pas de le définir… Le consommateur ne va venir que pour ajuster le projet et non plus le définir dans ses composantes structurelles. Cette remarque sera aussi valable pour le prix. Le questionnaire sera composé essentiellement de questions ouvertes d’échelles d’attitude ; des photos produits suffisent. Une erreur est de trop attendre du consommateur

mardi 17 avril 2007

Le Marketing selon McKenna

Ce livre un peu ancien mais tellement actuel, vous donne les facteurs clés de succès pour réussir un lancement de produit (biens durables principalement). Il s'est plus particulièrement intéressé aux entreprises informatiques américaines. Très facile à lire et très vite lu. Un bouquin génial.

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mardi 10 avril 2007

Constitution du groupe d'etude

Il n’y a bien sur pas de composition type du groupe d’étude. Le groupe est constitué sous l’impulsion du Chef de produits qui a identifié un processus décisionnel particulier. Le groupe défini plus haut est assimilé à un problème de développement produit.

Imaginons que nous soyons concernés par le développement d’un nouveau concept très novateur de meuble de cuisine ou de salle de bains.

Le processus de mise au marché identifié par le Chef de produits est le suivant :

schema.gif

L’ingénieur développement traitera les architectes et constructeurs Le compte clé s’occupera des centrales d’achat Le vendeur remontera les réactions des magasins leaders concernés par ce nouveau produit L’assistant export donnera traitera certaines chaines de distribution étrangères Le marketing s’occupera principalement des consommateurs mais traitera aussi certains journalistes de la presse spécialisée.

Ce schéma ici assez simple n’exprime aucune solution « clé en mains ». Il est élaboré par le Chef de produit pour répondre à un problème particulier.

Une fois la chaine identifié, il convient de mettre au point un questionnaire « tiroir » composé d’un tronc commun et de module propre à chaque acteur de la chaine. L’idée est d’élaborer un document commun de présentation du projet (enrichi de données techniques de photos de maquettes ou maquettes volume), d’élaborer un guide d’entretien (plutôt ouvert) qui sera administré en face à face.

Contrairement à une idée reçue le fait d’administrer un projet non pas par des enquêteurs (anonymes) mais par des personnes de l’entreprise n’introduit que très peu de biais sur l’objectivité et la performance des réponses. L’expérience m’a montré que les personnes interrogées se livraient sans réserve (au contraire ! certains auraient même tendance à en rajouter…). Tout le monde comprend qu’il fait partie d’une chaine où chacun peut tirer avantage du succès d’un projet (ou doit se garder de son échec..) et a tout intérêt à s’exprimer sans réserve. Il ne s’agit pas de faire des réponses de complaisance mais bien d’exprimer dans son domaine d’expertise une position claire (souvent documentée d’expériences croisées…).

jeudi 5 avril 2007

Etude préalable d'un lancement

Comment approcher un marché de Biens durables B to C en environnement PME ?

A l’image de ce que l’on observe sur les marchés industriels, (architectes, bureaux d’étude…) pour le bâtiment par exemple, les marchés grand publics sont pilotés par des groupes leaders qui déterminent le comportement de la masse. Cette caractéristique n’est pas propre au marché des Biens durables mais elle y est essentielle.

Pour s’en convaincre il suffit d’observer simplement nos comportements d’achat. Supposons que vous soyez acheteur d’une raquette de tennis, quels sont les variables sur lesquels votre choix va se faire ? Objectivement, les caractéristiques du produit, sa prise en main, son équilibre, son confort de jeu, sa « nervosité »(…) mais aussi son design, et bien sur son prix. Mais en fait, le choix de tel ou tel modèle est piloté par d’autres variables : l’effet champion ou la notoriété de la Marque, le conseil du moniteur (qui connaît votre niveau de jeu…), le vendeur magasin ou votre meilleur ami qui utilise cette raquette jouent un rôle très important dans la décision d’achat…

Bref avant même de rentrer dans le magasin de sport votre choix est déjà fortement orienté. Pour mettre en place une démarche d’étude (B to C) il va falloir identifier ces groupes et se concentrer sur eux.

Une autre variable très importante à étudier qui fait filtre à l’Offre : le distributeur. Il suffit d’être passé du coté de la distribution pour se rendre compte que bon nombre de très bon produits ne voient jamais le consommateur du fait du distributeur qui décide de référencer ou pas un produit.

Les raisons en sont multiples : stratégie de l’enseigne non conforme au positionnement du produit, image de l’enseigne et son niveau d’expertise, le manque de place en linéaire, la logique de distribution locale insuffisance des budgets de communication ou absence de moyen merchandising performant etc.

Pour les biens durables ou d’équipement (B to C) nous ne sommes plus dans une approche yaourt ou saucisse… où on vous promet que vous serez plus beau et plus heureux, en les consommant. Pour le food, le rapport au consommateur se fait directement à renfort d’énormes budgets pub. L’achat d’un bien durable dans une logique B to C répond à un autre processus beaucoup plus réfléchi.

Le processus de décision est long et aurait même tendance à s’allonger. La surabondance d’information ne rend pas le consommateur seulement plus exigeant, elle le rend de plus en plus hésitant. Le processus de décision pour l’achat d’un meuble de salle de bains ou de cuisine, peut prendre de 1 à 4 mois. Dans ces conditions avec de tels temps de réponse mesurer la performance ou le succès d’un lancement vous demandera du temps… Attention nous sommes en PME !…

En face de cette réalité commerciale, il est intéressant de mettre en évidence les différents interlocuteurs susceptibles d’agir dans le processus de décision, d’évaluer leur « poids » et de mesurer leurs interactions. Face à ces groupes d’acteurs un expert est nommé.

Un ingénieur développement (indus) Un compte clé Un vendeur Un assistant export Un acheteur Un marketing (responsable de la cellule)

Difficultés de l'approche d'etude classique pour les biens durables

Le « j’aime ou j’aime pas » est très difficile à appréhender pour les Biens durables. Des tas de variables sont à apprécier : la fonction du produit, son ergonomie, son design, sa couleur, son prix… éventuellement sa marque. Je dis éventuellement car contrairement aux marques de produits de grande consommation, les marques des produits durables n’ont pas de profil acquis… Que les études soient faites en Europe ou aux Etats-Unis je suis souvent ressorti très perplexe des agences d’étude (études quali pour la plupart).

Alors vous me direz : » oui il peut y avoir un problème en sortant des quali, mais rien ne vaut un bon quanti, pour que tout s’éclaircisse... » ; Ben voyons ! N’oubliez pas que nous sommes en PME et que les budgets sont très limités…. Je n’ai pas souvenir d’étude quanti qui ait dépassé l’effectif de 500 individus…Sans compter les biais engendrés (entre autres) par les lieux d’enquête, l’enquêteur,(…) le seuil d’incertitude de 5% n’est pas toujours satisfaisant et faire de la segmentation avec une population aussi faible devient quasi impossible… Si Les méthodes probabilistes nécessitent de très gros effectifs (Pb des coûts…PME) dès lors on est tenté par la méthode des quotas et là… les plus grands biais sont possibles. Nos hommes politiques en savent quelque chose…

A coté de ces aléas, la mise en œuvre d’un quanti pour les Biens durables, peut se révéler être un vrai casse tête. J’ai le souvenir de bus reconvertis en salle d’étude pour valider un projet. L’objectif était de positionner un nouveau produit par rapport à la concurrence et par rapport aux produits existants dans l’entreprise et par là même essayer de mesurer une adhésion ou un rejet. La mise en œuvre avait été une histoire de dingue…

Tout cela pour quel résultat ? Nous sommes arrivés à la proposition la plus banale qui soit ! Un projet au design et aux fonctions bien classiques… rien de bien excitant pour un nouveau produit. Que fallait-il décider ?…

Vous vous retrouvez dans la situation assez inconfortable de celui qui a investit des sommes assez significatives en étude et qui est devant un énorme point d’interrogation… L’intime conviction du Directeur Marketing et celle du dirigeant de PME deviennent des arguments déterminants… Le risque d’échec devient très important... On pose ici les pb des études pour valider une position marketing (B to C pour les biens durables…) D’ailleurs pour illustrer ce point on m’a rapporté que c’était Mme Calvet (à l’époque femme du président de PSA) qui décidait des harmonies entre couleurs de la carrosserie et les couleurs du textile d’intérieur…

Alors comment s’y prendre pour disposer d’information fiable et ne pas perdre son âme ? Je vous rappelle que nous sommes sur des marchés de biens durables destinés au grand public. En fait, l’approche d’étude qui est le fondement des analyses marketing ne doit pas se faire de manière classique. Les résultats sont devenus beaucoup plus exploitables le jour ou nous avons compris que la masse était pilotée par des groupes leaders.

L’approche d’étude est devenue une approche presque B to B et non plus B to C.

Par ailleurs, l’idée a été d’élargir le groupe de réflexion. S’il est un domaine dans l’entreprise où les prérogatives marketing sont fortes c’est bien celui des études. Dès lors le marketing peut vite être tenté de fonctionner en vase clos. Nous avons donc décidé de prendre le contre pied de tout ca et d’élargir notre approche d’étude en créant une cellule « étude » qui associait développement commercial achat et bien sur marketing.

La réflexion n’a pas manqué de produire des effets assez étonnants.

La suite très bientôt...

samedi 31 mars 2007

Le marketing en PME ?

Mais attention, n’oublions pas que nous sommes dans une PME et que la culture du résultat à court terme est le pilier de sa raison d’être. L’action marketing est elle en face de cette réalité ?

Oui si on suppose que plus de fluidité d’information et de mise en place de synergies entre services puissent accélérer les prises de décision et raccourcissent les temps de développement produit par exemple..

Non quand on prend en compte les coûts supplémentaires (aussi faibles soient ils…) générés par cette nouvelle structure (études communication, structure…) et non plus, quand on analyse le résultat commercial obtenu à court terme.

Les leviers d’actions marketing en PME sont naturellement beaucoup plus modestes que ceux que l’on observe dans les grandes entreprises du food ou de la lessive par exemple.... Sur le seul levier « communication » l’écart est abyssal ! D’un coté des moyens budgétaires énormes d’un autre un manque récurent de budget de communication.

D’ailleurs, la communication est un sujet tres suspect en PME. C’est très rarement une composante de la culture d’entreprise. Combien de fois n’ai je pas entendu : « C’est bien de l’argent jeté en l’air » ou mieux encore : « imaginez les investissements industriels que nous aurions pu faire ?… » Le budget dépasse rarement le petit 1% du CA de l’entreprise…

Un financier me rappelait souvent la phrase d’un manager américain qui disait la choses suivante : « 50% des budgets marketing sont inutiles mais je ne sais pas lesquels ?… » Lui aussi était démangé par la « machette budgétaire « pour me couper le malheureux 1% qui me restait…

Budget tres limité pour les lancements, mais budgets très limités tout court ; Lors du développement amont les validations d’etude sont bien souvent escamotées et oblige le Responsable marketing à de serieuses impasses. Le risque est alors grand de voir un produit ne pas atteindre les objectifs commerciaux.

Par ailleurs, quand vous intégrez dans votre analyse que le ré-achat de votre produit se fait entre 3 et 15 ans (.), vous comprenez que les méthodes classiques d’étude doivent être sérieusement corrigées.

Alors comment faire ? Comment le marketing en PME peut il se mettre en place sans y perdre trop son ame ?

En fait l’expérience m’a donné 2 axes de reflexions qui meritent qu’on s’y attarde 5 mn :

- Elargir le groupe d’etude en y intégrant pourquoi pas des acteurs exclus traditionnellement de cette reflexion

- Si vous etes dans une logique B to C (ce qui a toujours ete ma situation) vous devez doser vos approches et adopter une demarche d’etude très proche des démarches BtoB

Dans une démarche de développement B to C dans un environnement PME, ce serait une erreur de consacrer 100% du budget d’etude sur les conso. L’expérience acquise sur différents lancements de produits (Biens durables ou Biens d’equipement), m’a souvent montré qu’après une etude conso nous etions dans la meme situation qu’au départ…. Certes une ou deux choses nous permettaient de confirmer ou pas notre intime conviction mais rien ne permettait l’estimation d’un potentiel de vente. Nous etions souvent dans le 50/50.

La suite très bientôt...

vendredi 30 mars 2007

Le Marketing en PME ?

Comment faire du marketing en PME un service collé à la réalité économique de l’entreprise sans pour autant lui faire perdre son âme ?

Vaste sujet et belle ambition en effet que vouloir embrasser les réalités économiques de la PME, et vouloir se les approprier dans son mode de fonctionnement… Sans partir sur des débats philosophiques qui nous éloigneraient de notre objectif, posons nous la question du marketing en PME pour quoi faire ?

Je vais vous partager l’expérience d’une création de service

Comme je l’ai dit plus haut les dirigeants de PME recherchent des hommes de marketing. Ils ont donc un besoin mais comment l’expriment-ils?

Le besoin exprimé est a priori assez clair : celui de coordonner les services (production commercial notamment), d’encadrer les lancements de nouveaux produits, de prendre en charge le budget de communication et identifier les potentialités commerciales.

La 1ere des missions de la fonction marketing en PME sera donc d’agir sur les structures de l’entreprise.

1er challenge de taille car mettre en place un service, c’est bousculer les habitudes prises pendant des décennies. Et vous comprenez vite que ces actions étaient bien sur déjà remplies par d’autres services avant votre arrivée et que le partage d’information n’est pas la démarche dans laquelle les services commerciaux ou de développement sont les plus adeptes… En clair les chapelles restent encore une réalité bien enracinées dans la PME. Chacun développe son expertise pour être incontournable dans le système… Comme jeune Chef de produit, je me souviens des contorsions et autres stratagèmes que j’ai du mettre en place pour déposséder quelqu’un d’un dossier.

La situation pourrait être presque risible, si on ne prenait en compte une réalité de la PME qui est son obsession du résultat à court terme et sa culture « micrométrique » des couts. Chacun perçoit vite qu’il doit faire la démonstration rapide de son utilité faute de quoi il est sorti sans ménagement du système.

Sans m’étendre sur ce sujet, j’ai plusieurs fois été choqué de voir avec quelle violence certains chefs de service étaient débarqués, sans avoir commis la moindre faute… Cette brutalité « managériale » n’est pas la caractéristique de la PME mais vous comprenez vite que le peu de structure met vite en évidence la performance ou la non performance des acteurs… Attention donc aux dilettantes et autres fumistes (...) la PME n’est pas une organisation pour vous !!…

Tel que défini précédemment le service marketing deviendrait une sorte de plateforme ou les flux d’information se croisent pour être ensuite redirigées vers d’autres services. Le Responsable marketing ou le Chef de Produits deviennent vite des acteurs centraux des projets. Garants du planning et des budgets de développement, leur objectif est de mettre à disposition des équipes commerciales un projet abouti sur toutes les composantes du mix.

En fait, les hommes marketing ou les Chefs de Produits deviennent des experts de leur domaine (on parle d’ailleurs souvent de DAS : domaine d’action stratégique). Tout est dans le meilleur des mondes ; on discute entre services (enfin..), on se réunit et chacun découvre la performance de l’autre, on dine tard ensemble après la réunion… bref l’unité se fait et une dynamique de groupe prend peu à peu corps qui crée une motivation supplémentaire qui peut être très grisante…

La suite très bientôt...

jeudi 29 mars 2007

3 axes de reflexion

Pour conclure, dans de telles conditions on peut légitimement se demander l’intérêt d’une structure marketing en PME et l’on comprend que certains l’ait ressenti comme un gadget managérial, chic dans un organigramme, mais qui en définitif se révèle sans contenu réel et sans influence…

Nous sommes donc dans une situation assez paradoxale où des dirigeants de PME recherchent des hommes de marketing mais sont incapables de les intégrer durablement dans leurs organisations en en faisant des personnages clés de la vie de l’entreprise (au même titre qu’un financier, qu’un homme de production ou commercial). Il est d’ailleurs assez symptomatiques de voir, qu’en cas de difficultés, les dirigeants se séparent assez vite de leur structure marketing, pour se concentrer sur ce qui leur semble l’essentiel au fonctionnement… Erreur !

Il faut donc inventer un nouveau marketing pour les PME. Certains qualifieraient ce marketing d’opérationnel… Le faire ce serait reconnaître qu’il en existe un autre inopérant…

Je vous propose de privilégier 3 axes de réflexion :

Comment faire du marketing en PME un service collé à cette réalité économique de l’entreprise sans pour autant lui faire perdre son âme ?

Comment rétablir le dialogue entre le dirigeant de PME et son service marketing pour qu’ils établissent une relation pérenne ?

Enfin comment repenser l’organisation d’une PME pour faire du service marketing l’acteur central de la stratégie de vente dans laquelle tous les services de l’entreprise doivent être orientés ?

mardi 27 mars 2007

La promesse marketing

Dans les années 80 disposer d’une structure marketing pour une PME était une forme de consécration, l’expression d’une réussite économique, un statut nouveau qui vous faisait tutoyer celui des « grands »… On parlait alors de chargé d’étude, de chef de produits, de Directeur marketing… Leur mission : donner un cadre de gestion à des gammes de produits, piloter la communication et faire le lien entre production et consommateur.

Un nouveau langage apparaissait ; on segmentait, on ciblait… Les premiers mappings du CCA nous enchantaient, tout allait devenir clair et limpide. Les premiers tableaux de bord produits faisaient leur apparition, on parlait de gamme de produits et plus de tonnes (de grès fin…), les premiers comptes d’exploitation produits, les chartes de développement produits pointaient du nez…Tout se mettait en place pour donner aux développements futurs le juste potentiel commercial qu’on était en droit d’attendre… Bref l’objectif affiché des dirigeants était bien de mettre en place une structure capable de remonter les besoins consommateurs (BtoC) et de les traduire en produits à potentiel commercial réel.

Apres les échecs successifs, les lancements produits allaient devenir des succès garantis grâce à cette nouvelle race d’homme providentiels : les hommes de marketing !… Si la démarche est bonne et a fait ses preuves force est de reconnaître qu’elle est quasi inapplicable en PME ; pourquoi ?

Une PME est une structure économique très courte où la culture du résultat de très court terme prime avant toute autre considération. A partir de ce constat, le poids du responsable financier annihile rapidement les besoins budgétaires nécessaires à mettre en place pour des analyses marketing sérieuses sur le consommateur. Avec des budgets très encadrés et très limités la démarche d’étude souvent ressentie comme suspecte, devient presque impossible. La perte de temps et d’argent sont souvent mis en avant. « Pourquoi investir x K€ dans une étude qui nous répétera ce que nous savons déjà… »

Par ailleurs, la culture du dirigeant (souvent créateur) de sa PME n’incite pas à cette prise de recul nécessaire. Souvent homme de production ingénieur ou financier, il est par nature un homme (ou une femme) d’action où la réflexion, sans être négligée, n’est pas un art qui lui convient le mieux. Sa vision assise sur une parfaite maîtrise historique du marché, gouverne les perspectives qu’il pense donner à terme à l’entreprise. L’intime conviction du dirigeant primera toujours devant un résultat d’étude…

Enfin les moyens productifs à disposition qui ont faits le résultat de l’entreprise sont souvent rigides ou sont peu évolutifs.

La suite très bientôt...

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