Consultant MarKeTinG

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jeudi 5 avril 2007

Etude préalable d'un lancement

Comment approcher un marché de Biens durables B to C en environnement PME ?

A l’image de ce que l’on observe sur les marchés industriels, (architectes, bureaux d’étude…) pour le bâtiment par exemple, les marchés grand publics sont pilotés par des groupes leaders qui déterminent le comportement de la masse. Cette caractéristique n’est pas propre au marché des Biens durables mais elle y est essentielle.

Pour s’en convaincre il suffit d’observer simplement nos comportements d’achat. Supposons que vous soyez acheteur d’une raquette de tennis, quels sont les variables sur lesquels votre choix va se faire ? Objectivement, les caractéristiques du produit, sa prise en main, son équilibre, son confort de jeu, sa « nervosité »(…) mais aussi son design, et bien sur son prix. Mais en fait, le choix de tel ou tel modèle est piloté par d’autres variables : l’effet champion ou la notoriété de la Marque, le conseil du moniteur (qui connaît votre niveau de jeu…), le vendeur magasin ou votre meilleur ami qui utilise cette raquette jouent un rôle très important dans la décision d’achat…

Bref avant même de rentrer dans le magasin de sport votre choix est déjà fortement orienté. Pour mettre en place une démarche d’étude (B to C) il va falloir identifier ces groupes et se concentrer sur eux.

Une autre variable très importante à étudier qui fait filtre à l’Offre : le distributeur. Il suffit d’être passé du coté de la distribution pour se rendre compte que bon nombre de très bon produits ne voient jamais le consommateur du fait du distributeur qui décide de référencer ou pas un produit.

Les raisons en sont multiples : stratégie de l’enseigne non conforme au positionnement du produit, image de l’enseigne et son niveau d’expertise, le manque de place en linéaire, la logique de distribution locale insuffisance des budgets de communication ou absence de moyen merchandising performant etc.

Pour les biens durables ou d’équipement (B to C) nous ne sommes plus dans une approche yaourt ou saucisse… où on vous promet que vous serez plus beau et plus heureux, en les consommant. Pour le food, le rapport au consommateur se fait directement à renfort d’énormes budgets pub. L’achat d’un bien durable dans une logique B to C répond à un autre processus beaucoup plus réfléchi.

Le processus de décision est long et aurait même tendance à s’allonger. La surabondance d’information ne rend pas le consommateur seulement plus exigeant, elle le rend de plus en plus hésitant. Le processus de décision pour l’achat d’un meuble de salle de bains ou de cuisine, peut prendre de 1 à 4 mois. Dans ces conditions avec de tels temps de réponse mesurer la performance ou le succès d’un lancement vous demandera du temps… Attention nous sommes en PME !…

En face de cette réalité commerciale, il est intéressant de mettre en évidence les différents interlocuteurs susceptibles d’agir dans le processus de décision, d’évaluer leur « poids » et de mesurer leurs interactions. Face à ces groupes d’acteurs un expert est nommé.

Un ingénieur développement (indus) Un compte clé Un vendeur Un assistant export Un acheteur Un marketing (responsable de la cellule)

Difficultés de l'approche d'etude classique pour les biens durables

Le « j’aime ou j’aime pas » est très difficile à appréhender pour les Biens durables. Des tas de variables sont à apprécier : la fonction du produit, son ergonomie, son design, sa couleur, son prix… éventuellement sa marque. Je dis éventuellement car contrairement aux marques de produits de grande consommation, les marques des produits durables n’ont pas de profil acquis… Que les études soient faites en Europe ou aux Etats-Unis je suis souvent ressorti très perplexe des agences d’étude (études quali pour la plupart).

Alors vous me direz : » oui il peut y avoir un problème en sortant des quali, mais rien ne vaut un bon quanti, pour que tout s’éclaircisse... » ; Ben voyons ! N’oubliez pas que nous sommes en PME et que les budgets sont très limités…. Je n’ai pas souvenir d’étude quanti qui ait dépassé l’effectif de 500 individus…Sans compter les biais engendrés (entre autres) par les lieux d’enquête, l’enquêteur,(…) le seuil d’incertitude de 5% n’est pas toujours satisfaisant et faire de la segmentation avec une population aussi faible devient quasi impossible… Si Les méthodes probabilistes nécessitent de très gros effectifs (Pb des coûts…PME) dès lors on est tenté par la méthode des quotas et là… les plus grands biais sont possibles. Nos hommes politiques en savent quelque chose…

A coté de ces aléas, la mise en œuvre d’un quanti pour les Biens durables, peut se révéler être un vrai casse tête. J’ai le souvenir de bus reconvertis en salle d’étude pour valider un projet. L’objectif était de positionner un nouveau produit par rapport à la concurrence et par rapport aux produits existants dans l’entreprise et par là même essayer de mesurer une adhésion ou un rejet. La mise en œuvre avait été une histoire de dingue…

Tout cela pour quel résultat ? Nous sommes arrivés à la proposition la plus banale qui soit ! Un projet au design et aux fonctions bien classiques… rien de bien excitant pour un nouveau produit. Que fallait-il décider ?…

Vous vous retrouvez dans la situation assez inconfortable de celui qui a investit des sommes assez significatives en étude et qui est devant un énorme point d’interrogation… L’intime conviction du Directeur Marketing et celle du dirigeant de PME deviennent des arguments déterminants… Le risque d’échec devient très important... On pose ici les pb des études pour valider une position marketing (B to C pour les biens durables…) D’ailleurs pour illustrer ce point on m’a rapporté que c’était Mme Calvet (à l’époque femme du président de PSA) qui décidait des harmonies entre couleurs de la carrosserie et les couleurs du textile d’intérieur…

Alors comment s’y prendre pour disposer d’information fiable et ne pas perdre son âme ? Je vous rappelle que nous sommes sur des marchés de biens durables destinés au grand public. En fait, l’approche d’étude qui est le fondement des analyses marketing ne doit pas se faire de manière classique. Les résultats sont devenus beaucoup plus exploitables le jour ou nous avons compris que la masse était pilotée par des groupes leaders.

L’approche d’étude est devenue une approche presque B to B et non plus B to C.

Par ailleurs, l’idée a été d’élargir le groupe de réflexion. S’il est un domaine dans l’entreprise où les prérogatives marketing sont fortes c’est bien celui des études. Dès lors le marketing peut vite être tenté de fonctionner en vase clos. Nous avons donc décidé de prendre le contre pied de tout ca et d’élargir notre approche d’étude en créant une cellule « étude » qui associait développement commercial achat et bien sur marketing.

La réflexion n’a pas manqué de produire des effets assez étonnants.

La suite très bientôt...

samedi 31 mars 2007

Le marketing en PME ?

Mais attention, n’oublions pas que nous sommes dans une PME et que la culture du résultat à court terme est le pilier de sa raison d’être. L’action marketing est elle en face de cette réalité ?

Oui si on suppose que plus de fluidité d’information et de mise en place de synergies entre services puissent accélérer les prises de décision et raccourcissent les temps de développement produit par exemple..

Non quand on prend en compte les coûts supplémentaires (aussi faibles soient ils…) générés par cette nouvelle structure (études communication, structure…) et non plus, quand on analyse le résultat commercial obtenu à court terme.

Les leviers d’actions marketing en PME sont naturellement beaucoup plus modestes que ceux que l’on observe dans les grandes entreprises du food ou de la lessive par exemple.... Sur le seul levier « communication » l’écart est abyssal ! D’un coté des moyens budgétaires énormes d’un autre un manque récurent de budget de communication.

D’ailleurs, la communication est un sujet tres suspect en PME. C’est très rarement une composante de la culture d’entreprise. Combien de fois n’ai je pas entendu : « C’est bien de l’argent jeté en l’air » ou mieux encore : « imaginez les investissements industriels que nous aurions pu faire ?… » Le budget dépasse rarement le petit 1% du CA de l’entreprise…

Un financier me rappelait souvent la phrase d’un manager américain qui disait la choses suivante : « 50% des budgets marketing sont inutiles mais je ne sais pas lesquels ?… » Lui aussi était démangé par la « machette budgétaire « pour me couper le malheureux 1% qui me restait…

Budget tres limité pour les lancements, mais budgets très limités tout court ; Lors du développement amont les validations d’etude sont bien souvent escamotées et oblige le Responsable marketing à de serieuses impasses. Le risque est alors grand de voir un produit ne pas atteindre les objectifs commerciaux.

Par ailleurs, quand vous intégrez dans votre analyse que le ré-achat de votre produit se fait entre 3 et 15 ans (.), vous comprenez que les méthodes classiques d’étude doivent être sérieusement corrigées.

Alors comment faire ? Comment le marketing en PME peut il se mettre en place sans y perdre trop son ame ?

En fait l’expérience m’a donné 2 axes de reflexions qui meritent qu’on s’y attarde 5 mn :

- Elargir le groupe d’etude en y intégrant pourquoi pas des acteurs exclus traditionnellement de cette reflexion

- Si vous etes dans une logique B to C (ce qui a toujours ete ma situation) vous devez doser vos approches et adopter une demarche d’etude très proche des démarches BtoB

Dans une démarche de développement B to C dans un environnement PME, ce serait une erreur de consacrer 100% du budget d’etude sur les conso. L’expérience acquise sur différents lancements de produits (Biens durables ou Biens d’equipement), m’a souvent montré qu’après une etude conso nous etions dans la meme situation qu’au départ…. Certes une ou deux choses nous permettaient de confirmer ou pas notre intime conviction mais rien ne permettait l’estimation d’un potentiel de vente. Nous etions souvent dans le 50/50.

La suite très bientôt...

vendredi 30 mars 2007

Le Marketing en PME ?

Comment faire du marketing en PME un service collé à la réalité économique de l’entreprise sans pour autant lui faire perdre son âme ?

Vaste sujet et belle ambition en effet que vouloir embrasser les réalités économiques de la PME, et vouloir se les approprier dans son mode de fonctionnement… Sans partir sur des débats philosophiques qui nous éloigneraient de notre objectif, posons nous la question du marketing en PME pour quoi faire ?

Je vais vous partager l’expérience d’une création de service

Comme je l’ai dit plus haut les dirigeants de PME recherchent des hommes de marketing. Ils ont donc un besoin mais comment l’expriment-ils?

Le besoin exprimé est a priori assez clair : celui de coordonner les services (production commercial notamment), d’encadrer les lancements de nouveaux produits, de prendre en charge le budget de communication et identifier les potentialités commerciales.

La 1ere des missions de la fonction marketing en PME sera donc d’agir sur les structures de l’entreprise.

1er challenge de taille car mettre en place un service, c’est bousculer les habitudes prises pendant des décennies. Et vous comprenez vite que ces actions étaient bien sur déjà remplies par d’autres services avant votre arrivée et que le partage d’information n’est pas la démarche dans laquelle les services commerciaux ou de développement sont les plus adeptes… En clair les chapelles restent encore une réalité bien enracinées dans la PME. Chacun développe son expertise pour être incontournable dans le système… Comme jeune Chef de produit, je me souviens des contorsions et autres stratagèmes que j’ai du mettre en place pour déposséder quelqu’un d’un dossier.

La situation pourrait être presque risible, si on ne prenait en compte une réalité de la PME qui est son obsession du résultat à court terme et sa culture « micrométrique » des couts. Chacun perçoit vite qu’il doit faire la démonstration rapide de son utilité faute de quoi il est sorti sans ménagement du système.

Sans m’étendre sur ce sujet, j’ai plusieurs fois été choqué de voir avec quelle violence certains chefs de service étaient débarqués, sans avoir commis la moindre faute… Cette brutalité « managériale » n’est pas la caractéristique de la PME mais vous comprenez vite que le peu de structure met vite en évidence la performance ou la non performance des acteurs… Attention donc aux dilettantes et autres fumistes (...) la PME n’est pas une organisation pour vous !!…

Tel que défini précédemment le service marketing deviendrait une sorte de plateforme ou les flux d’information se croisent pour être ensuite redirigées vers d’autres services. Le Responsable marketing ou le Chef de Produits deviennent vite des acteurs centraux des projets. Garants du planning et des budgets de développement, leur objectif est de mettre à disposition des équipes commerciales un projet abouti sur toutes les composantes du mix.

En fait, les hommes marketing ou les Chefs de Produits deviennent des experts de leur domaine (on parle d’ailleurs souvent de DAS : domaine d’action stratégique). Tout est dans le meilleur des mondes ; on discute entre services (enfin..), on se réunit et chacun découvre la performance de l’autre, on dine tard ensemble après la réunion… bref l’unité se fait et une dynamique de groupe prend peu à peu corps qui crée une motivation supplémentaire qui peut être très grisante…

La suite très bientôt...

jeudi 29 mars 2007

3 axes de reflexion

Pour conclure, dans de telles conditions on peut légitimement se demander l’intérêt d’une structure marketing en PME et l’on comprend que certains l’ait ressenti comme un gadget managérial, chic dans un organigramme, mais qui en définitif se révèle sans contenu réel et sans influence…

Nous sommes donc dans une situation assez paradoxale où des dirigeants de PME recherchent des hommes de marketing mais sont incapables de les intégrer durablement dans leurs organisations en en faisant des personnages clés de la vie de l’entreprise (au même titre qu’un financier, qu’un homme de production ou commercial). Il est d’ailleurs assez symptomatiques de voir, qu’en cas de difficultés, les dirigeants se séparent assez vite de leur structure marketing, pour se concentrer sur ce qui leur semble l’essentiel au fonctionnement… Erreur !

Il faut donc inventer un nouveau marketing pour les PME. Certains qualifieraient ce marketing d’opérationnel… Le faire ce serait reconnaître qu’il en existe un autre inopérant…

Je vous propose de privilégier 3 axes de réflexion :

Comment faire du marketing en PME un service collé à cette réalité économique de l’entreprise sans pour autant lui faire perdre son âme ?

Comment rétablir le dialogue entre le dirigeant de PME et son service marketing pour qu’ils établissent une relation pérenne ?

Enfin comment repenser l’organisation d’une PME pour faire du service marketing l’acteur central de la stratégie de vente dans laquelle tous les services de l’entreprise doivent être orientés ?

mardi 27 mars 2007

La promesse marketing

Dans les années 80 disposer d’une structure marketing pour une PME était une forme de consécration, l’expression d’une réussite économique, un statut nouveau qui vous faisait tutoyer celui des « grands »… On parlait alors de chargé d’étude, de chef de produits, de Directeur marketing… Leur mission : donner un cadre de gestion à des gammes de produits, piloter la communication et faire le lien entre production et consommateur.

Un nouveau langage apparaissait ; on segmentait, on ciblait… Les premiers mappings du CCA nous enchantaient, tout allait devenir clair et limpide. Les premiers tableaux de bord produits faisaient leur apparition, on parlait de gamme de produits et plus de tonnes (de grès fin…), les premiers comptes d’exploitation produits, les chartes de développement produits pointaient du nez…Tout se mettait en place pour donner aux développements futurs le juste potentiel commercial qu’on était en droit d’attendre… Bref l’objectif affiché des dirigeants était bien de mettre en place une structure capable de remonter les besoins consommateurs (BtoC) et de les traduire en produits à potentiel commercial réel.

Apres les échecs successifs, les lancements produits allaient devenir des succès garantis grâce à cette nouvelle race d’homme providentiels : les hommes de marketing !… Si la démarche est bonne et a fait ses preuves force est de reconnaître qu’elle est quasi inapplicable en PME ; pourquoi ?

Une PME est une structure économique très courte où la culture du résultat de très court terme prime avant toute autre considération. A partir de ce constat, le poids du responsable financier annihile rapidement les besoins budgétaires nécessaires à mettre en place pour des analyses marketing sérieuses sur le consommateur. Avec des budgets très encadrés et très limités la démarche d’étude souvent ressentie comme suspecte, devient presque impossible. La perte de temps et d’argent sont souvent mis en avant. « Pourquoi investir x K€ dans une étude qui nous répétera ce que nous savons déjà… »

Par ailleurs, la culture du dirigeant (souvent créateur) de sa PME n’incite pas à cette prise de recul nécessaire. Souvent homme de production ingénieur ou financier, il est par nature un homme (ou une femme) d’action où la réflexion, sans être négligée, n’est pas un art qui lui convient le mieux. Sa vision assise sur une parfaite maîtrise historique du marché, gouverne les perspectives qu’il pense donner à terme à l’entreprise. L’intime conviction du dirigeant primera toujours devant un résultat d’étude…

Enfin les moyens productifs à disposition qui ont faits le résultat de l’entreprise sont souvent rigides ou sont peu évolutifs.

La suite très bientôt...

lundi 26 mars 2007

Marketing en PME

Alors un blog de plus pour parler de quoi ?

Je vous propose d’échanger sur un sujet qui a fait le centre de ma vie professionnelle : l’exercice du marketing des Biens durables ou d’équipement en environnement PME. Je précise bien en PME car cette approche du marketing est bien souvent ignorée. Il existe en effet un formidable décalage entre la littérature marketing disponible depuis 25ans et sa dimension opérationnelle quand on exerce des fonctions marketing en PME. Il m’est souvent arrivé de penser que l’exercice du marketing en PME était comme un art mineur loin des concepts si brillants de certains universitaires qui semblaient avoir métamorphosés les modes commerciaux de certaines grandes entreprises (américaines pour la plupart…) mais qui étaient si inopérants en PME…

Quand on exerce la Fonction de directeur ou plus modestement de responsable marketing en PME on est comme orphelin de cette littérature. Les concepts sont séduisants mais totalement inapplicables. A croire que la PME n’intéresse personne. Sauf récemment certains politiques qui y trouveraient un vivier formidable pour une politique du plein emploi mais sur un plan marketing rien de bien significatif…. Il y a pourtant ici un champ exploratoire fantastique où tout est à inventer ou a adapter pour faire la démonstration que le Marketing en PME peut être un levier d’action très efficace de l’action commerciale..

Essayons à travers ces lignes de contribuer modestement à redresser une situation bien déséquilibrée. J’invite d’ailleurs tous ceux qui liront ces lignes de participer à cette conversation.

La suite très bientôt...

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